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05 mai 2011

Un Cargo pour Berlin

Un cargo pour Berlin.jpgUn cargo pour Berlin

Fred Paranuzzi

Thierry Magnier

8 €€

De courts chapitres où alternent les souvenirs de Nour, « Lumière » en arabe, et ce qu’elle vit. Des souvenirs heureux. Une famille aimante. Nour, une adolescente douée pour les études, si douée qu’elle rentrera au service de son enseignante afin de continuer ses études. Non, elle ne sera pas traiter comme une esclave mais elle rencontrera le bel Idriss, neveu de sa bienfaitrice, et succombera à son charme. Son père arrangera un mariage, pour sauver la famille du déshonneur. Alors, Nour fuira avec Tariq, son copain de toujours. Pour le voyage jusqu’en Europe, elle deviendra Youness, habillée en garçon. Et la galère commencera : la faim, les trafics d’argent, la violence, mais aussi, heureusement, l’entraide.

Un roman qui dit les conditions de vie de tous ceux qui fuient leur pays, et la difficulté d’être fille au Maghreb.

Annie

03 mai 2011

Bienvenue au 33, Georgiana Street

La fourmilière.jpgLa fourmilère
Jenny VALENTINE
L'Ecole des Loisirs, coll. Médium
11€

Sam a 17 ans. Il vient de s’enfuir en emportant le strict minimum direction Londres, la Grande Ville dans laquelle il espère pouvoir disparaître et oublier sa vie d'avant.

Il atterrit dans un quartier malfamé de la Capitale, dans une maison divisée en appartements, au 33 Geogiana Street. Là vivent des locataires hauts en couleurs ; parmi eux, Cherry et sa fille Bohemia.

Bohemia est une petite fille vive et intelligente. Très vite, elle a dû apprendre à se débrouiller seule et à 10 ans, elle est déjà autonome. Cherry, qui l’a eu à 17 ans, a beaucoup de mal à assumer son rôle de mère, d’autant qu’elle souffre de problèmes d’alcool et de drogue.

Dans cette maison, Bohemia et Sam se croise : c’est ainsi que la fillette en mal de repères choisit pour confident le garçon qui refuse de se lier.

Avec La Fourmilière, Jenny VALENTINE offre au lecteur un très beau roman à deux voix, dans lequel on suit alternativement les histoires de Sam et de Bohemia. Par petites touches, elle dévoile leurs vies, et surtout les lie progressivement l’une à l’autre. Sam le garçon solitaire se laisse peu à peu apprivoiser par la petite fille, et plus largement par tous les habitants de la maison. Lui qui cherchait à rompre avec le monde trouve finalement une seconde famille, qui l’aidera à se reconstruire. 

Si Bohemia représente indéniablement la pureté et l’innocence propres à l’enfance, on ne tombe cependant jamais dans un manichéisme facile. Les masques tournent, chaque personnage est multiple et c’est ce qui fait l’une des principales forces de ce roman. De même, il aborde des thèmes forts, tels que l’amitié, la famille, la responsabilité ou encore la culpabilité. Mais surtout, La Fourmilière retrace l’histoire d’une Rencontre, dans le sens le plus puissant du terme : une Rencontre de celles qui peuvent changer tout.

Pauline

30 avril 2011

On n'est pas des oiseaux

On n'est pas des oiseaux.jpgOn n’est pas des oiseaux

Gisèle BIENNE

L'Ecole des Loisirs, coll. Médium

9.50 €

Je viens de terminer On n’est pas des oiseaux, je suis émue et j’ai beaucoup de mal à dire ce que j’ai ressenti à sa lecture.

Un couple qui se déchire. Camille et Mathieu, son petit frère, essaient d’oublier… Camille dans son jardin, Mathieu dans ses colères. Un jour, leur père disparait, et leur mère va mal, très mal, mais elle trouve l’énergie de punir Mathieu en l’enfermant dans la soue à cochons (sans cochons mais avec des lapins). Le lendemain matin, Camille est étonnée, il est tard, sa mère n’est pas levée, alors elle monte dans sa chambre...

 « Elle ne respire plus, elle n’est plus avec nous »

Et ces deux enfants livrés à eux-mêmes vont décider de garder leur maman, de lui faire un bel enterrement. Ils vont l’habiller, la parer, creuser pour la mettre dans le jardin de Camille. Je sais, cela semble horrible, complètement fou, et pourtant c’est très beau. Il ne faut pas oublier que ce sont deux enfants seuls, ils ne savent pas si leur père rentrera et ne veulent pas être séparés. Dans le jardin de Camille, leur mère semble rester  près d’eux.

« J’ai accompli quelque chose d’exceptionnel avec mon frère, je ne comprends pas très bien quoi. Nous sommes allés loin ailleurs pour elle. On ne pourra jamais y croire ; je ne pourrai jamais »

Leur père reviendra et tout rentrera dans l’ordre.

Des chansons de Barbara, la chanteuse préférée de leur mère, rythment le roman et apportent une note de poésie et de nostalgie au récit.

Vraiment très, très beau.

Annie

28 avril 2011

Au pas, au trop, au galop !

Au galop les mots !.jpg

Au galop, les mots ! Poèmes et comptines à dire à l'oreille d'un cheval

Martine BOURRE

Rue du monde

14.00€

Nous avions devinez la fascination de Martine Bourre pour les chevaux,  puisque, chaque fois que c’est possible, il y a un cheval dans une des ses illustrations. On retrouve donc dans ce recueil de poèmes et comptines ses dessins de chevaux, de grands chevaux, au trait, à la gouache, des sculptures de chevaux, des collages, enfin toutes les techniques qu’elle sait si bien utiliser et qui renouvellent l’illustration des chevaux pour les enfants.

Ce que l’on connaissait moins, même si déjà quelques albums le laissaient pressentir, c’était Martine Bourre, auteur. Et visiblement son « amour » des chevaux lui permet de nous faire découvrir une autre des ses facettes : le plaisir des mots. Des comptines, des poèmes qui jonglent avec les mots pour notre plus grand plaisir et je l’espère celui des enfants qui découvriront de nombreux termes liés au cheval, mais aussi les légendes : Pégase, le cheval de Troie, etc. Martine Bourre a pleinement réussit le pari de faire rêver les enfants, de les faire jouer avec les mots du monde équestre.

A la fin de l’album un lexique bien utile.

 Annie 


Appaloosa

 

Raconte-moi,

Appaloosa,

raconte-moi

encore une fois

le vent sur la grande prairie

et l’herbe verte à l’infini,

et la tribu des Nez-Percés

au bord de la rivière Palouse,

au pays des Appaloosas,

raconte-moi

Appaloosa

Raconte-moi

Encore une fois…


Petit rappel...

Samedi 30 Avril 2011

De 10h à 12h et de 14h à 18h

Martine BOURRE

sera à L'Oiseau lire !

06 avril 2011

Un jour...

Un jour.jpg

Un jour

Morris Gleitzman

Les grandes personnes          

16.00€

Il y a longtemps que je n’ai pas lu un roman sur la Shoah aussi fort, aussi émouvant.

L’action se passe en Pologne en 1942. Félix, 10 ans, vit par les histoires qu’il se raconte et que ses parents lui ont racontées, et n’a aucune conscience de ce qui se passe à l’extérieur de l’orphelinat où il vit. Et à nous aussi il raconte : « Un jour... je me suis évadé de l’orphelinat pour retrouver papa et maman ».

Mais derrière les portes de l’orphelinat, c’est la barbarie, et Félix découvre que les nazis haïssent les juifs. Un jour, il sauve une petite fille de 6 ans, Zelda, dont les parents viennent d’être exécutés. Il décide de l’emmener avec lui vers la ville et le ghetto. Et de jour en jour, ensemble, avec leurs yeux d’enfants, en essayant de survivre. Ils découvrent les horreurs du nazisme : « Un jour, j’ai fait mon premier voyage en train, mais je ne dirais pas que c’était formidable. Je dirais plutôt que c’était pénible et affreux. » Heureusement Félix et Zelda sautent…. et alors ils courent, et alors ils rencontrent l’horreur, mais aussi Génia et son grand cœur.

Ce qui est extraordinaire, c’est l’équilibre entre les horreurs de l’Histoire et la candeur des enfants. Au côté de Zelda et de Félix, on vit l’horreur du ghetto, les caches aléatoires, l’antisémitisme, le courage de quelques individualités, comme le docteur Barney, la noirceur du ghetto, les dénonciations. Mais, Morris Gleitzman, arrive aussi à nous faire sourire, Zelda et Félix sont émouvants et drôles. On pense au film La vie est belle mais Félix et Zelda, eux, ne sont pas à l’abri des horreurs de l’antisémitisme.

Félix et Zelda : deux enfants très attachants. Félix et sa passion pour Richmal CROMPTON, qu’il interroge dans les moments difficiles ; Zelda, têtue et autoritaire : « t’es bête ou quoi ? »

Deux enfants qui longtemps m’accompagneront.

 Annie

23 février 2011

L'encyclopédie approximative du poney : irrésistible !

L'encyclopédie approximative du poney.jpg

L'encyclopédie approximative du poney
BOISTEAU, Manu
Thierry Magnier, 9.90 €

Comment résister à cet album rose totalement farfelu qui s'applique à donner du PONEY une description digne des meilleurs humoristes de bandes dessinées ? L'auteur est parti des figurines plastiques de poneys bleus et mauves avec des cils, espèce transgènique apparue dans les années 80, pour en exprimer la substantifique moelle ... Hilarant, surprenant, délicieux petit livre à mettre entre toutes les mains de jeune ou vieux cavaliers, à lire à bride abattue, au pas, au trot, au galop !

Martine BOURRE, illustratrice

10 février 2011

Comment on fait quand on est handicapé ?

Comment on fait quand on est handicapé.jpgComment on fait quand on est handicapé ?

Dr Hélène DE LEERRSNYDER, Sophie BORDET et Elisa LAGET

Bayard jeunesse, "Des questions plein la tête"

9.90€

Un petit livre qui répond aux questions que peuvent se poser ou nous poser les enfants face au handicap. Ce livre peut, je l’espère, changer leur regard, et aussi éviter les mots blessants que parfois ils utilisent sans en mesurer la portée.

Des questions simples qui correspondent aux interrogations des enfants, des réponses claires qui dédramatisent, expliquent, donnent la signification exacte des mots employés.

Sont ainsi abordées les difficultés de la vie de tous les jours, l’intégration, mais aussi des questions existentielles. Un regret, le livre parle beaucoup d’intégration mais ne dit pas que, parfois, la lourdeur du handicap ne permet pas cette intégration.

Juste un exemple :

« Que veut dire "être autiste" »

L’autisme est expliqué simplement, mais on ne dit pas que certains autistes sont dans des structures car ils ne peuvent vivre dans notre société. Par contre : 

«Il y a des personnes qui ont une forme particulière d’autisme. Elles sont alors très fortes et très rapides dans certaines activités (maths, échecs, musique…) »

Ce côté optimiste, gommant les difficultés, me gène un peu même si ce livre permet un vrai dialogue.

Annie

09 février 2011

Rouge Bala : destin de fille en Inde

Rouge Bala.jpg Rouge Bala

Cécile ROUMIGUIERE, illustrations de Justine BRAX

Milan Jeunesse

13.90 €

Un grand album pour les très belles illustrations de Justine Brax. Illustrations qui nous plongent au dans l’Inde, ses couleurs, ses tissus, ses paysages ; l’Inde qui fait rêver. Un texte sobre, efficace, grave. Il nous conte l’histoire de Bala, 12 ans, dans cette Inde traditionnelle. Bala est triste : sa grande sœur, Lali, 13 ans, vient de se marier. 13 ans, Bala pense que c’est encore l’âge des jeux. Mais en Inde, pour les filles, c’est celui du mariage.  Bala se sent seule, Lali lui manque et pourtant elle se souvient, entre joie et tristesse, du mariage, de la fête, de la beauté de sa soeur. Une barque légère, venue de nulle part, une jeune femme qui fuit lui apprendront qu’à 13 ans, non seulement une fille est mariée, mais aussi qu’elle doit donner des enfants à son mari, car sinon, elle peut être battue, chassée. Alors Bala décide qu’elle choisira son mari, qu’elle continuera à aller à l’école et, qui sait, peut-être à l’université. Mais pour réaliser son rêve, il faut d’abord qu’elle puisse convaincre son père.

Ce bel album se termine par une note d’espoir pour Bala. Mais toutes les petites filles en Inde n’auront pas cette chance.

Annie

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Anton : être handicapé dans l'Allemagne d'Hitler

Anton.jpg Anton

Elisabeth ZOLLER

Bayard Jeunesse, Millezime

10.90 €

Ce roman nous plonge dans l’Allemagne d’Hitler. Je ne dis pas l’Allemagne nazie, car en nous contant la vie d’Anton et de sa famille, Elisabeth Zöller, nous montre comment chaque allemand, chaque enfant réagit à la propagande. Mais c’est Anton et sa famille qui sont le sujet du roman. Anton qui, à la suite d’un  accident, a des difficultés d’élocution et est paralysé du bras droit. Hors un bon allemand est fort, adroit et se sert de sa main droite. Les parents d’Anton feront tout pour qu’il ne soit pas déclaré handicapé et exterminé. Aussi Anton va à l’école où il subit la violence physique et verbale des autres enfants, mais aussi des professeurs. Pour Anton et sa famille c’est un combat permanent, alors qu’autour d’eux les juifs puis les handicapés disparaissent. Ce qui est intéressant dans le roman c’est qu’en vivant avec cette famille les lecteurs vivent un moment d’histoire. Non pas la guerre avec les combats, les camps, mais la vie des allemands dans l’Allemagne d’Hitler : l’embrigadement, la difficulté de résister, résister simplement dans la vie de tous les jours en ne soumettant pas ses pensées, ses actes, aux dictats nazis.

Anton est l’oncle d’Elisabeth Zöller et il a vraiment existé.

Annie 

02 février 2011

Le dernier album de Martine BOURRE !

Hop ! la balle.jpg

Hop ! la balle, Martine BOURRE, Didier jeunesse, 10.90 €

Une balle rouge roule aux pieds des enfants : elle provoque étonnement, bagarre, joie, désir d’appropriation pour finalement terminer dans les mains de …..la jongleuse.

Un album minimaliste, un texte simple proche de la comptine, des dessins à la gouache d’enfants expressifs,  tendres, vivants. Les petits  prendront plaisir à feuilleter cet album, à le partager avec des adultes, en famille ou en crèche.

Annie