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30 avril 2011

On n'est pas des oiseaux

On n'est pas des oiseaux.jpgOn n’est pas des oiseaux

Gisèle BIENNE

L'Ecole des Loisirs, coll. Médium

9.50 €

Je viens de terminer On n’est pas des oiseaux, je suis émue et j’ai beaucoup de mal à dire ce que j’ai ressenti à sa lecture.

Un couple qui se déchire. Camille et Mathieu, son petit frère, essaient d’oublier… Camille dans son jardin, Mathieu dans ses colères. Un jour, leur père disparait, et leur mère va mal, très mal, mais elle trouve l’énergie de punir Mathieu en l’enfermant dans la soue à cochons (sans cochons mais avec des lapins). Le lendemain matin, Camille est étonnée, il est tard, sa mère n’est pas levée, alors elle monte dans sa chambre...

 « Elle ne respire plus, elle n’est plus avec nous »

Et ces deux enfants livrés à eux-mêmes vont décider de garder leur maman, de lui faire un bel enterrement. Ils vont l’habiller, la parer, creuser pour la mettre dans le jardin de Camille. Je sais, cela semble horrible, complètement fou, et pourtant c’est très beau. Il ne faut pas oublier que ce sont deux enfants seuls, ils ne savent pas si leur père rentrera et ne veulent pas être séparés. Dans le jardin de Camille, leur mère semble rester  près d’eux.

« J’ai accompli quelque chose d’exceptionnel avec mon frère, je ne comprends pas très bien quoi. Nous sommes allés loin ailleurs pour elle. On ne pourra jamais y croire ; je ne pourrai jamais »

Leur père reviendra et tout rentrera dans l’ordre.

Des chansons de Barbara, la chanteuse préférée de leur mère, rythment le roman et apportent une note de poésie et de nostalgie au récit.

Vraiment très, très beau.

Annie

28 avril 2011

Au pas, au trop, au galop !

Au galop les mots !.jpg

Au galop, les mots ! Poèmes et comptines à dire à l'oreille d'un cheval

Martine BOURRE

Rue du monde

14.00€

Nous avions devinez la fascination de Martine Bourre pour les chevaux,  puisque, chaque fois que c’est possible, il y a un cheval dans une des ses illustrations. On retrouve donc dans ce recueil de poèmes et comptines ses dessins de chevaux, de grands chevaux, au trait, à la gouache, des sculptures de chevaux, des collages, enfin toutes les techniques qu’elle sait si bien utiliser et qui renouvellent l’illustration des chevaux pour les enfants.

Ce que l’on connaissait moins, même si déjà quelques albums le laissaient pressentir, c’était Martine Bourre, auteur. Et visiblement son « amour » des chevaux lui permet de nous faire découvrir une autre des ses facettes : le plaisir des mots. Des comptines, des poèmes qui jonglent avec les mots pour notre plus grand plaisir et je l’espère celui des enfants qui découvriront de nombreux termes liés au cheval, mais aussi les légendes : Pégase, le cheval de Troie, etc. Martine Bourre a pleinement réussit le pari de faire rêver les enfants, de les faire jouer avec les mots du monde équestre.

A la fin de l’album un lexique bien utile.

 Annie 


Appaloosa

 

Raconte-moi,

Appaloosa,

raconte-moi

encore une fois

le vent sur la grande prairie

et l’herbe verte à l’infini,

et la tribu des Nez-Percés

au bord de la rivière Palouse,

au pays des Appaloosas,

raconte-moi

Appaloosa

Raconte-moi

Encore une fois…


Petit rappel...

Samedi 30 Avril 2011

De 10h à 12h et de 14h à 18h

Martine BOURRE

sera à L'Oiseau lire !

06 avril 2011

Un jour...

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Un jour

Morris Gleitzman

Les grandes personnes          

16.00€

Il y a longtemps que je n’ai pas lu un roman sur la Shoah aussi fort, aussi émouvant.

L’action se passe en Pologne en 1942. Félix, 10 ans, vit par les histoires qu’il se raconte et que ses parents lui ont racontées, et n’a aucune conscience de ce qui se passe à l’extérieur de l’orphelinat où il vit. Et à nous aussi il raconte : « Un jour... je me suis évadé de l’orphelinat pour retrouver papa et maman ».

Mais derrière les portes de l’orphelinat, c’est la barbarie, et Félix découvre que les nazis haïssent les juifs. Un jour, il sauve une petite fille de 6 ans, Zelda, dont les parents viennent d’être exécutés. Il décide de l’emmener avec lui vers la ville et le ghetto. Et de jour en jour, ensemble, avec leurs yeux d’enfants, en essayant de survivre. Ils découvrent les horreurs du nazisme : « Un jour, j’ai fait mon premier voyage en train, mais je ne dirais pas que c’était formidable. Je dirais plutôt que c’était pénible et affreux. » Heureusement Félix et Zelda sautent…. et alors ils courent, et alors ils rencontrent l’horreur, mais aussi Génia et son grand cœur.

Ce qui est extraordinaire, c’est l’équilibre entre les horreurs de l’Histoire et la candeur des enfants. Au côté de Zelda et de Félix, on vit l’horreur du ghetto, les caches aléatoires, l’antisémitisme, le courage de quelques individualités, comme le docteur Barney, la noirceur du ghetto, les dénonciations. Mais, Morris Gleitzman, arrive aussi à nous faire sourire, Zelda et Félix sont émouvants et drôles. On pense au film La vie est belle mais Félix et Zelda, eux, ne sont pas à l’abri des horreurs de l’antisémitisme.

Félix et Zelda : deux enfants très attachants. Félix et sa passion pour Richmal CROMPTON, qu’il interroge dans les moments difficiles ; Zelda, têtue et autoritaire : « t’es bête ou quoi ? »

Deux enfants qui longtemps m’accompagneront.

 Annie

23 février 2011

L'encyclopédie approximative du poney : irrésistible !

L'encyclopédie approximative du poney.jpg

L'encyclopédie approximative du poney
BOISTEAU, Manu
Thierry Magnier, 9.90 €

Comment résister à cet album rose totalement farfelu qui s'applique à donner du PONEY une description digne des meilleurs humoristes de bandes dessinées ? L'auteur est parti des figurines plastiques de poneys bleus et mauves avec des cils, espèce transgènique apparue dans les années 80, pour en exprimer la substantifique moelle ... Hilarant, surprenant, délicieux petit livre à mettre entre toutes les mains de jeune ou vieux cavaliers, à lire à bride abattue, au pas, au trot, au galop !

Martine BOURRE, illustratrice

10 février 2011

Comment on fait quand on est handicapé ?

Comment on fait quand on est handicapé.jpgComment on fait quand on est handicapé ?

Dr Hélène DE LEERRSNYDER, Sophie BORDET et Elisa LAGET

Bayard jeunesse, "Des questions plein la tête"

9.90€

Un petit livre qui répond aux questions que peuvent se poser ou nous poser les enfants face au handicap. Ce livre peut, je l’espère, changer leur regard, et aussi éviter les mots blessants que parfois ils utilisent sans en mesurer la portée.

Des questions simples qui correspondent aux interrogations des enfants, des réponses claires qui dédramatisent, expliquent, donnent la signification exacte des mots employés.

Sont ainsi abordées les difficultés de la vie de tous les jours, l’intégration, mais aussi des questions existentielles. Un regret, le livre parle beaucoup d’intégration mais ne dit pas que, parfois, la lourdeur du handicap ne permet pas cette intégration.

Juste un exemple :

« Que veut dire "être autiste" »

L’autisme est expliqué simplement, mais on ne dit pas que certains autistes sont dans des structures car ils ne peuvent vivre dans notre société. Par contre : 

«Il y a des personnes qui ont une forme particulière d’autisme. Elles sont alors très fortes et très rapides dans certaines activités (maths, échecs, musique…) »

Ce côté optimiste, gommant les difficultés, me gène un peu même si ce livre permet un vrai dialogue.

Annie

09 février 2011

Rouge Bala : destin de fille en Inde

Rouge Bala.jpg Rouge Bala

Cécile ROUMIGUIERE, illustrations de Justine BRAX

Milan Jeunesse

13.90 €

Un grand album pour les très belles illustrations de Justine Brax. Illustrations qui nous plongent au dans l’Inde, ses couleurs, ses tissus, ses paysages ; l’Inde qui fait rêver. Un texte sobre, efficace, grave. Il nous conte l’histoire de Bala, 12 ans, dans cette Inde traditionnelle. Bala est triste : sa grande sœur, Lali, 13 ans, vient de se marier. 13 ans, Bala pense que c’est encore l’âge des jeux. Mais en Inde, pour les filles, c’est celui du mariage.  Bala se sent seule, Lali lui manque et pourtant elle se souvient, entre joie et tristesse, du mariage, de la fête, de la beauté de sa soeur. Une barque légère, venue de nulle part, une jeune femme qui fuit lui apprendront qu’à 13 ans, non seulement une fille est mariée, mais aussi qu’elle doit donner des enfants à son mari, car sinon, elle peut être battue, chassée. Alors Bala décide qu’elle choisira son mari, qu’elle continuera à aller à l’école et, qui sait, peut-être à l’université. Mais pour réaliser son rêve, il faut d’abord qu’elle puisse convaincre son père.

Ce bel album se termine par une note d’espoir pour Bala. Mais toutes les petites filles en Inde n’auront pas cette chance.

Annie

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Anton : être handicapé dans l'Allemagne d'Hitler

Anton.jpg Anton

Elisabeth ZOLLER

Bayard Jeunesse, Millezime

10.90 €

Ce roman nous plonge dans l’Allemagne d’Hitler. Je ne dis pas l’Allemagne nazie, car en nous contant la vie d’Anton et de sa famille, Elisabeth Zöller, nous montre comment chaque allemand, chaque enfant réagit à la propagande. Mais c’est Anton et sa famille qui sont le sujet du roman. Anton qui, à la suite d’un  accident, a des difficultés d’élocution et est paralysé du bras droit. Hors un bon allemand est fort, adroit et se sert de sa main droite. Les parents d’Anton feront tout pour qu’il ne soit pas déclaré handicapé et exterminé. Aussi Anton va à l’école où il subit la violence physique et verbale des autres enfants, mais aussi des professeurs. Pour Anton et sa famille c’est un combat permanent, alors qu’autour d’eux les juifs puis les handicapés disparaissent. Ce qui est intéressant dans le roman c’est qu’en vivant avec cette famille les lecteurs vivent un moment d’histoire. Non pas la guerre avec les combats, les camps, mais la vie des allemands dans l’Allemagne d’Hitler : l’embrigadement, la difficulté de résister, résister simplement dans la vie de tous les jours en ne soumettant pas ses pensées, ses actes, aux dictats nazis.

Anton est l’oncle d’Elisabeth Zöller et il a vraiment existé.

Annie 

02 février 2011

Le dernier album de Martine BOURRE !

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Hop ! la balle, Martine BOURRE, Didier jeunesse, 10.90 €

Une balle rouge roule aux pieds des enfants : elle provoque étonnement, bagarre, joie, désir d’appropriation pour finalement terminer dans les mains de …..la jongleuse.

Un album minimaliste, un texte simple proche de la comptine, des dessins à la gouache d’enfants expressifs,  tendres, vivants. Les petits  prendront plaisir à feuilleter cet album, à le partager avec des adultes, en famille ou en crèche.

Annie                      

Jérôme par coeur : un album qui marque

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Jérôme par cœur, Thomas SCOTTO, illustrations de Olivier TALLEC, Actes Sud Junior, 14 €

Dès la couverture, on comprend que cet album n'est pas un album jeunesse parmi tant d'autres : Olivier TALLEC y a dessiné deux petits garçons en train de faire du vélo et surtout, qui se tiennent la main. Présentés de face, leurs regards et leurs sourires droit sur le lecteur, ils envahissent la page. Avant même de plonger dans l'histoire, on sent déjà toute la tendresse et la douceur qu'a voulu transmettre l'illustrateur de Jérôme par cœur à travers ces deux personnages.

 Jérôme par cœur est un album qui pose des questions et qui cherche à bousculer les idées reçues. Le scénario qu'a imaginé Thomas SCOTTO est en même temps très simple et très complexe : l'histoire est celle de Raphaël et de Jérôme, deux personnages de 5 ou 6 ans qui se vouent une amitié sans borne et qui font montre l'un envers l'autre d'une infinie tendresse. Tout est d'ailleurs parfaitement résumé dans ces quelques mots, qui ouvrent et ponctuent l'album et qui sonnent de ce fait comme un refrain : « Raphaël aime Jérôme, je le dis. Très facile ». Facile pour lui, mais difficile à concevoir pour son père, qui incarne ici le monde des adultes et des préjugés.

Jérôme par cœur n'est pas un album qui traite de l'homosexualité, pour la simple et bonne raison qu'il n'y est jamais question de sexualité : Thomas SCOTTO et Olivier TALLEC, chacun avec ses armes propres, transcrivent là toute l'innocence et la pureté de l'enfance. Raphaël et Jérôme ne se posent pas de questions, ne se demandent pas si ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre et bien ou mal. C'est le regard des adultes qui introduit le malaise. La preuve en est que si ces deux petits garçon était deux petites filles, cela ne susciterait probablement aucune interrogation. Mais Raphaël – c'est lui le narrateur – choisit de ne pas tenir compte de l'opinion de ses parents : il aime Jérôme, tout simplement.

 La force de cet album réside dans l'alliance du texte et de l'image. Tout est raconté avec des mots d'enfant – ceux de Raphaël - et la simplicité du propos touche autant qu'elle percute. L'illustration, quand à elle, ne se contente pas d'accompagner le texte : elle prend son relai et parle autant que lui. Une écriture simple et des couleurs tendres et chaudes, qui donnent un grand coup de pieds dans les préjugés et les a priori.

Pauline

Bronze et Tournesol : un roman lumineux

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Bronze et Tournesol, CAO Wenxuan, Picquier jeunesse,  18.50 €

En Chine, dans les années 70. Tournesol, 8 ans, vient d'emménager avec son père dans une ville située juste en face du petit village de Damaidi. Les deux endroits sont seulement séparés par un fleuve. La mère de la fillette est morte quelques années auparavant et comme son père travaille énormément, elle se retrouve souvent seule. Elle s'assoit alors au bord du fleuve et peut regarder l'eau pendant des heures. C'est de cette façon qu'un jour, sur l'autre rive, elle aperçoit Bronze pour la première fois.

Bronze est un jeune garçon de douze ans un peu différent des autres : il est muet. De ce fait, il n'est pas scolarisé comme la plupart des enfants du village et souffre de cet isolement. Il passe beaucoup de temps avec ses parents, et surtout avec sa grand-mère paternelle, qui vit avec eux. Lorsqu'il rencontre Tournesol, sa vie bascule.

Un jour, le père de Tournesol tombe dans le fleuve. Il ne sait pas nager ; il se noie. La fillette devient donc orpheline, et les gens de la ville cherche un foyer susceptible de l'accueillir. La famille de Bronze, pourtant la plus pauvre de Damaidi, décide de l'adopter. Dès lors, un lien indéfectible se tisse entre Bronze et Tournesol, qui deviennent Grand Frère et Petite Sœur.

Ce roman est à la fois réaliste et empreint de poésie. Il dit la vie campagnarde de l'époque telle qu'elle était, avec son lot de misère, de famine et de pauvreté ; mais en parallèle il décrit une nature luxuriante, où l'homme et l'animal savent vivre en harmonie : en est témoin l'amitié entre Bronze et son buffle, qui fait d'ailleurs partie intégrante de la famille. De même, l'accent est largement mis sur les grandes valeurs humaines : le partage, le respect, l'amour filial et fraternel.

CAO Wenxuan est un auteur reconnu dans son pays. Avec Bronze et Tournesol –et malgré la dureté de certains thèmes abordés il nous offre un roman bouleversant, plein de vie, de tendresse et d'espoir.

Pauline