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24 juillet 2009

Roman noir

Mon amour kalachnikov

Sylvie Deshors, Rouergue doAdo noir, 12,50 €

mon amour kalachnikov.jpgAgathe vit à Lyon depuis deux mois, elle est inscrite en fac d'histoire et est amoureuse de Gilan. Elle, la franco-chinoise, se lie d'amitié avec Lucia Paz, l'équatorienne. Un soir, qui pourrait être une soirée de baby-sitting sans histoire - le bébé dort, le loft est luxueux - elle découvre dans la chambre de l'enfant la photo des parents. Agathe plonge dans l'horreur : le père, c'est lui, le taré qui l'avait prise en chasse avec sa Scénic. Et l'horreur continue quand au matin la police la réveille. L'homme a été retrouvé mort dans la cour de son immeuble. Les soupçons se portent sur Agathe, son entourage, Gilan et ses amis dealers. Agathe va devoir faire la preuve de son innocence et peut-être de celle de Gilan. Mais pourquoi maintenant qu'elle a la police sur le dos ne lui répond-il pas ? C'est là que l'amitié de Lucia Paz lui est précieuse.

Un bon polar, les personnages sont bien campés et attachants. On découvre un peu de la ville de Lyon, ses quartiers, ses habitants, ses étudiants, jeunes trafiquants, immigrants chinois et arrivistes exploitant les sans-papiers.

Annie Falzini

23 juillet 2009

Réédition de La petite marionnette

La petite marionnette

Gabrielle Vincent, Casterman, 15 €

la petite marionnette.jpgToujours je recommandais La petite marionnette, je savais que cet album était presque épuisé, mais j'avais besoin d'être sûre de ne pas en manquer. J'ai besoin de ce livre dans ma librairie parce que, toujours, quand je le présente je suis émue en le feuilletant. Grâce au talent d'une grande illustratrice, sur une page blanche, avec, juste, quelques traits de fusain, nous vivons avec ce petit garçon, ses émotions en regardant un spectacle de marionnette. Avec lui nous sommes fascinés, attendris, avec lui nous avons peur, nous fuyons... Il faut un grand talent pour, avec si peu de moyens, faire un si beau livre. Talent que nous retrouvons dans Nabil et dans Le violoniste, et bien sûr dans Ernest et Célestine, puisque Gabrielle Vincent est aussi la créatrice de ces deux personnages qui ont ému et marqué tant d'enfants. Et, miracle, ce livre est réédité, je vais pouvoir continuer à le présenter sans peur d'en manquer.

Annie Falzini

ICI

Ici

Jean-Pierre Siméon, illustrations Martine Mellinette

Cheyne éditeur, Poèmes pour grandir, 14 €

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Difficile de présenter le dernier recueil de Jean-Pierre Siméon dans l'excellente collection Poèmes pour grandir. Ses poèmes, il faut les lire, les dire, les crier, les murmurer, les partager, pour essayer de changer, un peu, notre monde. Ils abordent avec révolte mais aussi avec un regard plein de tendresse les maux du monde, la guerre, l'exil, l'immigration, et ceux de notre société, la vieillesse, la maladie, les SDF... On aimerait vous citer tous les poèmes, vous les lire, impossible. Alors, juste quelques vers...

Annie Falzini

je ne sais pas je ne sais pas

la douleur dans l'épaule

d'avoir tendu la main tout le jour

mais je sais bien

ce que cette faim cette douleur

ce regard dans la poussière

font de nous qui passons

des hommes moindres

22 juillet 2009

Croqueurs de vérité

Vérité, vérité chérie

Valérie Zénatti, Mouche de l'école des loisirs, 8 €

verite cherie.jpgC'est l'histoire d'une petite louve adorable, Camille, douée en tout. En classe, elle est première, capable d'avoir 30 sur 20, à chat perché, elle gagne tout le temps. Ses parents sont très fiers et ses professeurs pensent qu'elle ira loin. Mais, un jour, son professeur de chasse donne un devoir qui va bouleverser sa vie : « Je fais le portrait de mon grand-père ». Or Camille n'a pas de grand-père, son père n'a pas connu le sien et celui de sa mère, on n'en parle pas. Alors, elle questionne, et comme on élude ses questions, le soir du grand rassemblement de la pleine lune auquel assistent ses parents, elle fouille dans leurs affaires et découvre de vieux journaux. On y parle de son grand-père, « l'assassin, le meurtrier de sang froid » du petit chaperon rouge. Choquée, elle se met à courir dans la forêt où elle fait d'étranges rencontres.

Un vrai bonheur de lecture ce petit roman. Camille, la petite louve est attachante. Valérie Zénatti aborde les secrets de famille, la rédemption d'un coupable après avoir purgé sa peine, tout cela dans un court roman plein de bonne humeur qu'accompagnent avec tendresse et humour les illustrations d'Audrey Poussier.

Annie Falzini

21 juillet 2009

Coups de coeur

L'histoire de Clara

 Vincent Cuvellier - illustrations de Charles Dutertre

Gallimard-Jeunesse Giboulées, 13,50 €

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Un très beau texte illustré. Chaque chapitre est la voix d'un personnage ayant rencontré Clara. D'abord il y a la mère maternant. Elle parle à Clara et à travers ses paroles nous devinons une famille juive cachée dont Clara est le bébé, la dernière des quatre enfants. Aujourd'hui ils vont sortir, aller au parc, leur dernière journée de liberté. Lorsqu'ils rentrent, la police française est là. Le bruit, les cris, Clara est posée dans l'ascenseur, et laissée quand les policiers emmènent la famille. Puis il y a la vieille, qui trouve Clara dans l'ascenseur, puis sœur Marie Louise, puis le cousin Georges, puis le « boche » qui ne fait pas la guerre aux enfants, même juifs. Et puis il y a le chapitre de la sorcière, celui de Simon, caché dans la grange de Paulette...Tous vont essayer de sauver Clara, de lui apporter un peu de tendresse, d'amour, parfois quelques jours, un mois, deux mois, parfois plus. Et puis il y a la libération et la maison des enfants...Et dans la maison des enfants arrive Rachel. Elle revient des camps. Elle ne peut plus pleurer, à peine parler, mais elle chante à Clara la chanson que lui chantait sa maman quand elle était petite. Quand elles étaient petites.

Un livre tendre, émouvant, sans misérabilisme. A travers le destin de Clara nous découvrons, dans la France, où régnait parfois la dénonciation, le chacun pour soi, le survivre avant tout, qu'un bébé peut attendrir et faire que des êtres très différents, peuvent tout faire pour le sauver, lui apporter un peu de tendresse, un peu d'amour. Les illustrations de Charles Dutertre accompagnent le texte en y apportant une note de fraicheur.

Annie Falzini

Poésie

Dans la tête à Topor : des comptines encore et encore

Roland Topor, illustrations Les Chats pelés

Rue du monde, Oh ! les comptines, 14 €

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 Quel plaisir que ces comptines de Roland Topor. Un recueil pour sourire, pour jouer avec les mots. Tout petit on se délecte des jeux de mots, du plaisir des rimes qui chantent à l'oreille des enfants. Plus grand, on aime le côté irrévérencieux des comptines-poèmes illustrées avec brio par les Chats pelés, collectif de graphistes dont un des membres est le chanteur des Têtes Raides. Visiblement eux aussi se sont régalés avec ces comptines. Ils se les sont appropriées de telle façon que la mise en page et les illustrations jouent avec les mots et en soulignent la drôlerie et l'insolence. Un régal !!!

 Annie Falzini

 

Maman nous a dit comment

faire des petits. On prend un

chou-fleur on étale du beurre

et puis tout de suite on le

met dans la marmite une

heure de cuisson c'est un

petit garçon avec de la vanille c'est une

petite fille

Un chien en vacances...

Qui a volé mon chien ?

Roselyne Bertin, Rageot, Heure noire, 7,10 €

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Le roman commence par une course haletante. Un gamin, Arthur, est poursuivi par deux hommes. Il fuit, il court, et ... Il tombe dans une fosse, se brise le pied et essaie de se faire tout petit pour que les deux hommes qui le poursuivent ne le trouvent pas.

Et retour en arrière... Arthur rentre chez lui et Zoé, sa chienne labrador qui habituellement guète son retour est absente. Inquiet, il la cherche, persuadé qu'elle ne s'est pas sauvée, le grillage est trop haut. Elle a sûrement été volée... Les vacances arrivent, il les met à profit pour parcourir le pays à vélo, avec ses deux amis, Antoine et Thomas, mais pas trace de Zoé... Antoine et Thomas, surfent sur Internet et découvrent un site qui vend des chiens de race. Arthur pense y reconnaître Zoé. Un récit palpitant, bien mené, qui séduira les jeunes lecteurs aimant les enquêtes et les... chiens. 

Annie Falzini

Thomas Lavachery, alchimiste

2 pouces et demi

Thomas Lavachery, Bayard Jeunesse, 9,90 €

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XVIII eme siècle, Emmanuel Durif est un portraitiste reconnu mais laid. Il ne veut imposer sa laideur à aucune femme, pourtant il rêve d'un enfant.

Erudit, grand lecteur, il sait que les alchimistes ont su créer la vie. Il achète à prix d'or de vieux grimoires, installe un laboratoire dans sa cave et réussit à créer des « Ombres », mais celles-ci se comportent d'avantage comme des animaux de compagnie que comme des êtres humains, ce n'est pas ce qu'il cherche. C'est un homuncule qu'il veut créer, il s'en sait incapable, mais le renoncement n'est pas dans son caractère. En Italie vit Guido Spaziano, le dernier des grands alchimistes, c'est vers lui que se tourne Emmanuel. De leurs efforts, de leur amitié naîtra : Gilles, un homuncule de 2 pouces et demi. Celui-ci se révèle d'abord un insupportable gamin, jouant des tours pendables à ses créateurs. Et puis subitement il s'assagit, se prend de passion pour la lecture et se montre d'une intelligence remarquable. Puis Emmanuel  rentre avec Gilles à Bruxelles où il reprend son métier prenant bien garde de dissimuler la présence de Gilles à ses côtés. Avant de s'éteindre il lui aménagera un appartement dont la présence est insoupçonnable. A  sa mort Gilles reste seul avec ses sœurs : les Ombres. Au fil des années la maison passe de mains en mains sans que ses habitants ne décèlent leur présence. Gilles vit très mal sa solitude et, souvent, il maudit son père, qui égoïstement n'a pas songé à lui créer un compagnon. C'est un combat contre des frelons géants qui va lui redonner le goût de vivre.

Thomas Lavachery a su se détacher (comme dans Bjorn le morphir) de tous ses romans fantastiques qui se ressemblent, il faut bien le dire, tous un peu, pour nous livrer un roman qui parle des alchimistes et de la création de la vie. Gilles, un être de 2 pouce et demi, surdoué, mais si proche de nous qui, je l'espère, touchera ses lecteurs.

Annie Falzini

21 mars 2009

une nouvelle surprise de Thierry Dedieu

Aagun

Thierry Dedieu

Seuil

15 euros

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 Un petit village mongol vit dans la terreur de ses voisins, les Hounks. Chaque jour ces derniers déferlent sur le village pillant et saccageant tout sur leur passage. Révoltés mais impuissants, les villageois demandent de l'aide au seigneur Batoor qui leur envoie son fidèle lieutenant: Aagun.

Aagun, grand chasseur, est réputé pour être brave et juste. Il s'installe à la lisière du village et se met à l'ouvrage, mais ses techniques déroutent les villageois: il les oblige à venir à tour de rôle l'accompagner à la chasse, tout cela afin de nourrir les pillards, qui n'ont plus qu'à venir réclamer leur dû chaque jour. Les villageois sombrent dans l'incompréhension la plus totale et la révolte gronde. Jusqu'au jour où Aagun les abandonne.

 

Un texte simple et fort, délivrant une belle leçon de sagesse, mais qui est surtout accompagné de poignantes illustrations. Thierry Dedieu rend ici un bel hommage à Fabienne Verdier et à son « unique trait de pinceau ». Le style minimaliste emprunté à la calligraphie chinoise joue avec l’opposition forte du plein et du vide, du blanc et du noir et, dans le même temps, Dedieu apporte la délicatesse et la subtilité des petits personnages esquissés au pinceau fin. On ressent les émotions des villageois, aussi bien que la présence imposante des paysages majestueux.

 

Thierry Dedieu passe d’un style à un autre sans effort et nous étonne toujours. Cet album est une réussite, non seulement par l’histoire mais également grâce à sa présentation : la couverture est magnifique, le livre est agréable à manipuler, même la page de garde est soignée. Avec Aagun, Dedieu nous offre plus qu’un simple album : un petit bijou dans un bien bel écrin.

 

Elsa

27 février 2009

journal intime

J’ai neuf ans et demi et je m’appelle Alice

Lynne Reid Banks

Neuf ; Ecole des loisirs

10,00 euros

J'ai neuf ans et demi et je m'appelle Alice.jpg

 

Alice Elizabeth Williamson-Stone a neuf ans et demi, et elle trouve que le devoir que lui a donné Mlle Porto, sa maîtresse est totalement stupide.

C’est stupide comme devoir, de nous demander de raconter notre vie. Si au moins c’était un week-end ! J‘ai assez de souvenirs de ma vie passée pour écrire pendant des millions d’heures. Je n’écris pas vite parce-que ma grand-mère m’a embrouillé l’écriture en essayant de m’apprendre la cursive. Rien que de vous en parler me prendrait une demi-heure.

Et voilà Alice lancée à raconter sa vie : sa maman, une « mère célibataire qui travaille », ses relations tumultueuses avec sa grand-mère, ses interrogations sur ce père qu’elle n’a jamais connu, Peony sa drôle de voisine…

Mais comme tout n’est pas à raconter à la maîtresse, au fur et à mesure des devoirs elle décide de rédiger en parallèle dans son cahier personnel son « ortobiographie » illustrée, et peu à peu se prend au jeu de la confession.

 

 

Un roman drôle et émouvant à la fois sur le quotidien d’une fillette assez lucide sur le monde qui l’entoure. Une écriture rythmée et malicieuse qui rappelle les désopilants journaux intimes d’Anastasia Krupnik (Lois Lowry, Ecole des loisirs).

Par l’auteur de L’indien dans le placard.

 

                                                          Elsa