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dernières lectures - Page 11

  • Le chant de l'innocent

    Le chant de l'innocent

    Irène Cohen – Janca

    Editions du Rouergue – doAdo – 11,00€

     

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    Paris 1953. Depuis la rentrée, une étrange apparition apparaît à la fenêtre de la chambre de Rémi; il se précipite, monte l’escalier quatre à quatre, mais toujours il trouve la chambre vide. Rémi ne le sait pas encore, mais cette apparition est liée au passé et à l’attitude innommable de ses parents pendant la seconde guerre. C’est en apprenant à connaître les habitants de l’immeuble, et en particulier la vieille dame du 2eme étage qui ne les aime pas (lui a dit Vincent le fils du concierge) que peu à peu il découvrira l’horrible vérité. Pourquoi cette vieille dame a-t-elle toujours cette déchirure à ses vêtements à l’endroit du cœur, pourquoi écoute t-elle toujours le même morceau  de musique ? « Vois-tu, celui qui tous les soirs fait monter ce chant a sûrement l’âme blessée », lui a dit un jour Victor, le frère de sa mère, seul être qui, lorsqu’il quitte sa montagne pour venir quelques jours à Paris, apporte un peu de chaleur, d’humanité à Rémi, étouffé, écoeuré par un père aux mots blessants, méprisants, et une mère effacée.

    Pourquoi madame Vaïner n’aime pas ses parents, pourquoi Victor refuse de coucher chez eux lorsqu’il vient à Paris ? Quand il le découvrira Rémi aura l’impression que sa vie s’arrête. Un séjour chez son oncle à la montagne lui permettra de se remettre en marche. Ce roman aborde d’une façon intéressante l’attitude de certains français  pendant la seconde guerre mondiale. Jusqu’à présent nous avions de nombreux romans sur la Shoah, sur la résistance, mais les auteurs avaient peu abordé cette partie sombre de l’histoire.

     

    Annie

     

  • Un livre pour la route

    C’est les vacances! Alors vous avez le temps de lire...

    Partez avec :

    Seul sur la mer immense

    Michael Morpurgo

    Gallimard Jeunesse – 14,90€

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          A la fin de sa vie, un homme raconte… A 6 ans, en 1947,  il a été, comme quelques 10 000 enfants, embarqué sur un bateau pour l’Australie. C’est ainsi qu’il arrive au ranch Cooper où, sous prétexte de mener les orphelins qu’il accueille vers le « Seigneur », Piggy Bacon les traite comme des esclaves. C’est la période la plus noire de la vie d’Arthur. Heureusement il y a Marty, compagnon d’infortune qui l’aide à survivre, à garder l’espoir, et la clé porte-bonheur que lui a confié Kitty, sa sœur, avant qu’ils ne soient séparés. Puis il y a la fuite avec Marty et leur séjour chez tante Megs, ferme et tendre, elle va les éduquer, leur apprendre à lire, à fabriquer des bateaux miniatures, leur donner l’amour de la mer, et lorsqu’elle pense qu’Arthur et Marty sont prêts à vivre leur vie, elle leur trouve du travail sur un chantier naval. Ils vivent tantôt sur le chantier, tantôt sur la mer, jusqu’à la mort de Marty. Et puis il y a la guerre du Vietnam, le désespoir, l’hôpital et la rencontre de Zita, et, enfin, le bonheur. Avec son beau-père, il construit des bateaux, et promet à sa fille, Allie, qu’ensemble, à bord du bateau, le Kitty IV, dont il a réalisé les plans, ils iront en Angleterre, à la recherche de sa sœur Kitty. Mais Arthur meurt sans avoir eut le temps de tenir sa promesse. Allie ira jusqu’au bout du rêve de son père. A bord du Kitty IV, elle part seule sur la mer, et c’est grâce aux mails qu’elle envoie à sa mère et à son grand-père que nous suivons son aventure, une formidable traversée en solitaire.

    Un roman si riche, si dense, qu’il est difficile à raconter. Comme toujours, Michael Morpurgo nous fait voyager, nous fait réfléchir, nous transporte. A partir d’un fait historique qui a bouleversé la vie de milliers d’enfants,  il invente une aventure humaine extraordinaire.

    Annie

  • Encore quelques lectures...

    Envol pour le paradis

    Jean-Marie Defossez

    Bayard Jeunesse -10,90€

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    Allemagne 1942, Adolf Hitler règne en maître incontestable. Arthur, un jeune paysan protégé par ses parents, ignore tout du Nazisme… mais un jour il est obligé d’intégrer les jeunesses hitlériennes. Au début, grâce à son ami Heinz, il résiste en faisant juste ce qu’il faut pour ne pas être sanctionné. Mais Heinz, avec sa tignasse charbon est un « sous homme », et un jour il sera emmené. C’est un déchirement pour Arthur et il se promet que jamais il ne deviendra nazi, que jamais il méprisera ceux qui sont différents de lui. Mais l’endoctrinement c’est aussi profiter des faiblesses des hommes et le lieutenant « Pleindegaz », lisant les lettres qu’Arthur envoie à ses parents (et qui jamais ne partent), sait que son rêve est de voler, et sa passion les avions. Il va se servir de cette passion pour qu’Arthur accepte de donner le meilleur de lui-même pour devenir pilote. Peu à peu Arthur en vient à admirer Hitler et à accepter de donner sa vie pour l’Allemagne.

    Un roman intéressant car le parcours d’Arthur montre comment l’embrigadement peut changer un être humain et comment tant de jeunes ont accepté le nazisme.

     

    Quand elle sera reine

    Rachel Hausfater

    Editions Thierry Magnier – 8,50€

     

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    Depuis sa tendre enfance Mira se sent différente, sa chevelure, bouclée, noire et rousse, montre que sa mère venait d’ailleurs, mais Mira s’en moque, elle marche tête haute et rêve, rêve d’ailleurs. Seule Mme Katish la comprend, l’encourage et lui fait découvrir la lecture et les livres qui la « font tenir droit et avancer sans trêve », « elle a si faim de savoir, si faim de liberté. » Mais elle a aussi faim de tendresse, d’amour, et c’est Rayal qui lui fera découvrir l’amour et le plaisir. Et puis la guerre arrive, Mira, la « moitié » juive, doit fuir. Elle fuit la horde et cherche, « surtout, les autres elle, qui passent comme des ombres affolées, honteuses, terrées, fondues. »Mais pour la horde des haineux elle fait parti de ce peuple maudit, « à vomir, à bannir, anéantir ». Avec eux elle est emmenée « en direction d’un Est inconnu et lointain ». Enfin elle se sent reconnue, apaisée. Mais, même dans les pires moments, Mira veut vivre, veut aimer, il s’appelle Brodi, et là, malgré l’horreur ils vont vivre une merveilleuse histoire d’amour. Mais un jour le doux est fini, l’espoir s’évanouit. Et pourtant sa rage la fait avancer. « Finalement, Mira, elle sera ».

    Rachel Hausfater, après La Danse interdite, d’une écriture hachée, scandée, nous livre un roman sur la recherche d’une identité, sur la rage de vivre. Ce roman est aussi un hymne à l’amour.

    Depuis La Danse interdite je lis les romans de Rachel Hausfater , et toujours, le roman terminé, je ressens une petite déception... j’attendais je crois Quand elle sera Reine pour à nouveau être séduite, émue.

     

  • Coups de coeurs

    Voici quelques-unes de nos dernières lectures...

     

    Pibi mon étrange ami

    Jin-heon Song, traduit du coréen par Noëlla Kim

    Le Sorbier – 13€

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    De superbes illustrations au crayon noir, un texte sobre, tout de délicatesse, pour raconter une amitié. C’est un père qui raconte à son fils son amitié lorsqu’il était enfant, pour Pibi, son ami silencieux avec lequel il a parcouru la forêt, marché dans les hautes herbes, ignorés par les autres enfants. Et puis le temps de l’école est arrivé, Pibi lui n’est pas allé à l’école, les autres se moquaient et « Désormais, moi aussi j’évitais Pibi. De retour de l’école, si je le voyais, je faisais semblant de ne pas le reconnaître et je poursuivais mon chemin » Pibi était à nouveau seul.

    Un bel album qui montre avec beaucoup de tendresse, de pudeur, une amitié avec un enfant autiste.

     

    La route du Nord

    Xavier-Laurent Petit

    Castor poche Flammarion – 4,70€

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    Galshan, comme chaque été, rejoint Baytar son grand-père, vieilli, presque aveugle, mais toujours aussi fier et têtu. Mais cet été ne ressemble en rien à ce que Galshan a connu. Le troupeau de Baytar est réduit à quelques brebis efflanquées, six chevaux dont Gadÿn qui va bientôt mettre bas, et jamais les pluies d’été n’ont tant tardé. Soleil et vent brûlent tout. Uugan décide de prendre la route du nord avec ses bêtes et celles de Baytar. Galshan l’accompagne laissant à regret son grand-père. Un long voyage commence. Ils sont accompagnés de Sofia, photographe. Galshan servira d’interprète et devra montrer au cour de ce périple qu’elle est la digne petite fille de Baytar.

    Un vrai roman d’aventure comme on les aime, bien écrit, bien mené. Nous avions rencontré Galshan dans 153 jours en hiver et dans Le col des mille larmes, mais il est tout à fait possible de lire La route du Nord  sans avoir lu les précédents… seulement, en fermant La route du nord, on a sûrement envie de se précipiter pour les lire.

     

  • Elisabeth 1

    Elisabeth Ire, Reine d’Angleterre

    Béatrice Fontanel - Illustrations Maurice Pommier

    Gallimard Jeunesse 19,90€

     

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    Après Henri IV, Béatrice Fontanel et Maurice Pommier, en nous contant la vie d’Elisabeth Ire, nous plongent dans un siècle riche en événements, amours, complots, exécutions, batailles navales… tous les ingrédients d’un bon roman ! et il se lit d’une traite, comme on lit une fiction, mais ne nous leurrons pas, c’est bien d’un documentaire qu’il s’agit, et peut-être un renouvellement du documentaire qui, il faut bien le dire, depuis quelque temps, sûrement à cause d’Internet, séduit moins les jeunes. Alors, faut-il leur proposer des documentaires avec liens internet, ou bien un beau livre qui se lit d’une traite et dont le texte est soutenu par des illustrations pleines de vie et de détails savoureux ?...

     

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    Et pour vous faire sourire en attendant de vous plonger dans la lecture d’Elisabeth Ire,

    quelques croquis que Maurice Pommier envoie à Béatrice Fontanel 

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  • Envie de BD?

    Lou!

    Julien Neel – Génat – 9,40€

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    Lou est une jeune fille qui vit avec sa maman adorée dans un petit appartement. Lou aime la vie, sa meilleure amie Mina, son voisin d’en face, le dessin, et le petit chat qu’elle a adopté. Lou nous raconte son école, ses vacances à « Mortebouse » chez sa grand-mère, sa relation avec sa mère… elle nous raconte sa vie, faite de rencontres, de fous rires mais aussi de déceptions, de sentiments…

    Cette bande dessinée (le 4ème tome vient de paraître) pas du tout "fleur bleue" comme pourraient le laisser croire les couvertures, est d’une fraîcheur délicieuse, d’un humour toujours bien placé et décapant, et c’est toujours avec grand plaisir que nous suivons le quotidien  de cette agréable jeune fille !

  • Père et fille

    Les carnets de Lieneke

    Jacob Van Der Hoeden

    L’Ecole des loisirs- 14,80€

     

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    Lorsque Nathalie, la représentante de l’Ecole des loisirs, m’a présenté "Les carnets de Lieneke", j’ai aussitôt pensé à «  Lettres à Barbara » de Leo Meter, publié à La Farandole en 1990. Lieneke et Barbara sont deux petites filles juives hollandaises séparées de leur papa par la guerre. Un papa qui, pour garder le lien, écrit des lettres pleines de tendresse agrémentées de dessins. Pour Lieneke ce sont de petits carnets tendres et drôles sur la vie de tous les jours; un seul fait référence à la guerre : « Est-ce que tu sais ce que j’aimerai ? Que cette année il n’y ait ni lapin de Pâques, ni poussin de Pâques, mais une colombe, une vraie colombe de la paix ».

    Un des petits carnets est un texte d’Agnès Desarthe qui prend la voix de Lieneke pour nous raconter l’histoire de ces carnets. L’Ecole des loisirs a fait de ces petits carnets un bel objet, ils sont présentés dans un petit coffret : un objet précieux.

    Les lettres à Barbara témoignaient davantage du vécu du père, de ses rencontres... malheureusement ce livre est épuisé; peut-être, un jour, un éditeur aura-t-il la bonne idée de le rééditer?

  • Je serai les yeux de la Terre

    Je serai les yeux de la terre

    Alain Serres, Illustrations Zaü

    Photographies Altitude

    Préface Yann Arthus-Bertrand

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    "Un arbre, une école, un quartier …

    Être ensemble, là, en ce lieu,

    c’est important pour une fille, ou un garçon.

    Pour connaître et savoir faire, mais c’est aussi indispensable

    pour apprendre à analyser, critiquer, protester, proposer,

    débattre selon les règles de la démocratie,

    et devenir un citoyen du monde pour qui aucun arbre

    ne pourra cacher aucune forêt."

    De très belles photographies aériennes des photographes de l’agence Altitude nous montrent notre planète, sa beauté mais aussi ses douleurs. A ces photos répondent de façon magistrale les encres de Chine de Zaü. Cela, c’est pour le plaisir des yeux, et pour s’interroger, pour réfléchir, pour essayer de changer, de protéger le monde qui nous entoure, des textes ciselés, très poétiques d’Alain Serres. Et pour approfondir, à la fin de l’ouvrage sont expliqués les 100 mots clés du développement durable et solidaire. Un livre à offrir, à s’offrir, à laisser « traîner » à portée des enfants et des adultes.

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  • Eléphant?

    Les éléphants n’oublient jamais

    Anushka Ravishankar-Christiane Pieper

    Edition Tourbillon 14,90€

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    « Tout était calme dans la jungle quand, soudain, un orage éclata. », et l’éléphanteau se retrouva seul. Après quelques mésaventures, il rencontra un troupeau de buffles, il eut envie de rester avec eux, et ils l’acceptèrent. Le temps passa, il grandit, mettant sa différence au service des buffles. Mais un jour il dut choisir : éléphant ou buffle ?

    L’histoire toute simple d’une adoption réussie, accompagnée d’illustrations pleines de vie et très expressives, qui réjouira les enfants.Mais cet album est aussi un « objet » à part, puisque chaque livre est entièrement fabriqué de façon artisanale sur un papier spécial, fait main,  par une collectivités d’imprimeurs de la ville de Chennaî, dans le sud-ouest de l’Inde.

  • Fille des batailles

    La fille des batailles

    François Place

    Casterman 16,95€

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                Qu’un roman d’aventures qui chevauche les trente dernières années du 17ème siècle puisse être raconté en quelque trente images, tel est le nouveau tour de magie de François Place dans son récent album "La fille des batailles" . L’héroïne, Garance, est une petite Sarrasine, échouée sur les rivages de France, qui grandit choyée par les uns, rudoyée par les autres. Successivement les guerres du roi puis les dragonnades vont ballotter celle qui est devenue une jeune femme dans des péripéties dignes des meilleures pages du capitaine Fracasse.

                Vivre ces trente années en laissant son regard fouiller seulement trente images est possible grâce aux mille détails savoureux qui bavardent dans chacune d’elles. Est-ce que ce ne sont pas les illustrations des manuels d’histoire qui nous la font apprendre ? Dans ce récit, on visualise tour à tour les félicités qui émaillent  la vie piaillante d’une auberge, au temps où l’on voyageait en coche, et les désolations que laissent les soldats après le passage des armées.

                François Place est un narrateur omniscient, comme disent les professeurs de français. Il regarde chaque scène avec un large champ et laisse le soin à son lecteur, à son spectateur devrait-on dire, d’aller chercher les héros de son histoire parmi les nombreux figurants lilliputiens qui peuplent ses images. L’individu est toujours, par lui, replacé dans une foule, où se côtoient ceux qui lui veulent du bien, ceux qui le menacent et les autres, qui vaquent à leurs tâches quotidiennes. L’individu a l’air constamment noyé par le torrent de la vie aux cent visages humains. Seuls les arbres, admirablement suggérés par le pinceau de l’artiste, lui offrent un appui tutélaire, des refuges éventuels, une idée d’évasion.

                A l’art du cinéma, François Place emprunte un réalisme méticuleux. Sous quelque angle que l’on regarde l’auberge, pivot ensoleillé de son récit, il n’y a pas un détail des bâtiments, des porches, des croisées, qui manque dans l’image suivante, que l’on se trouve à l’intérieur de la salle où l’on s’attable, dans la cour qui accueille les charrois ou près du lavoir aux abords du ruisseau, en contrebas du verger. On gagne ainsi l’impression de devenir un familier des lieux et de pouvoir se blottir comme Garance, à chacun de ses retours, dans les odeurs, les bruits et les couleurs qui s’entremêlent au dehors et au-dedans de soi, d’une manière unique au monde.

                Le texte sert de voix off  et de passerelle de transition d’une aquarelle à l’autre. Il joue le rôle du Temps, avec ses pauses et ses brusques accélérations. Mais ce sont les images qui font valser les saisons, quand les teintes s’estompent sur le papier glacé ou, au contraire, quand elles chatoient à nouveau aux moments des retrouvailles inespérées du petit fichu rouge et du gentil tambour tout de bleu drapé.

    Thierry Lemaître