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04 septembre 2009

Sélection Dévoreurs 5e 4e

meto 1.jpgMéto, tome 1 : La Maison

Yves Grevet, Syros, 14,90 €

La Maison ? Un internat coupé du monde, sur une île volcanique, où vivent soixante-quatre garçons aux prénoms latins, répartis en quatre classes d'âges codées par des couleurs. Méto appartient au groupe des Rouges, les plus âgés. Le petit Crassus, arrivé après l'expulsion de Quintus devenu trop vieux, est confié à Méto, qui sera pendant quelques semaines son tuteur et mentor. En même temps que Crassus, le lecteur découvre les règlements innombrables qui régissent, du lever au coucher, chaque instant du quotidien de ces garçons.

Encadrés par des surveillants inflexibles (les César), menacés de châtiments corporels, ces enfants et jeunes adolescents ont pour seul exutoire l'inche, jeu collectif particulièrement violent et dangereux, apprécié pourtant de tous parce qu'il libère les tensions. Dans le cadre de leur formation, les exercices physiques occupent une place essentielle. Nul n'a conservé de souvenirs de sa vie antérieure, nul ne connaît son âge, non plus qu'il ne sait ce qu'il deviendra après avoir quitté le groupe des Rouges. Méto, lui, s'interroge : quelle est la finalité de la Maison ? qui donc la dirige ? à quoi les destine-t-on ? les soldats monstrueux qui interviennent ponctuellement sont-ils encore des êtres humains ? comment obtenir réponse à ces questions ? une révolte est-elle seulement possible ?

L'univers oppressant du roman s'appuie-t-il chez l'auteur sur des souvenirs d'internat ? On devine en tout cas que la psychologie de ses personnages et leur comportement en groupe sont nourris de son expérience d'enseignant. Évitant tout angélisme, Yves Grevet fait de l'insurrection des garçons un récit réaliste, qui n'en occulte ni les errements ni les dérives (faisant ainsi songer parfois à Sa Majesté des mouches de William Golding). Inquiet, intelligent, droit et mesuré, Méto, dont le prénom d'origine grecque tranche avec ceux des autres garçons, réussit à tempérer les débordements des leaders. Mais les représailles s'organisent et bientôt il faudra fuir. Voilà un roman passionnant, riche et bien construit, à l'écriture efficace : vivement la suite !     Thomas Savary, librairie Voyelles

il y avait un garcon de mon age.jpgIl y avait un garçon de mon âge juste au-dessus de chez nous

Tania Sollogoub, Medium, Ecole des Loisirs, 9 €

Jacques est un jeune garçon fasciné par les pays froids. Solitaire, il vit dans une famille où il est un fils unique choyé. Un jour, Anton débarque dans sa vie. Jacques trouve en lui son double et son équilibre. Hélas, au bout de deux ans, Anton part retrouver ses parents en Russie. (C'est la version officielle donnée à Jacques.) En réalité la vie en France devenait trop dangereuse pour Anton qui était sans-papiers. Quand Jacques découvre la vérité sur son ami, c'est un choc mais le départ de son ami lui laisse un terrible sentiment de manque. Par chance, comprenant l'importance de cette amitié pour son fils, la mère de Jacques décide de lui offre pour son anniversaire un voyage en Russie. Tous deux partent à la recherche de l'ami disparu dans un pays aussi vaste que déconcertant. Réussiront-ils à retrouver Anton ? Cela s'annonce très difficile car ils n'ont que très peu d'informations. Jacques découvrira alors une Russie tout autre que ce qu'il rêvait, notamment la dure réalité que peut vivre son ami.

Ce livre nous fait voyager dans un pays étonnant. La quête de Jacques et sa mère, les rencontres et situations qu'ils vivent font découvrir au lecteur différents visages de la société russe. Le thème de l'amitié et des différences culturelles est au centre du récit. L''amitié est présentée comme un idéal qui n'exclut pas pour autant les difficultés relationnelles (secrets et mensonges d'Anton). En arrière-fond, le contexte familial de Jacques donne également à réfléchir sur la complexité des sentiments qui unissent cette famille.

Christelle Rose, bibliothécaire, Bibliothèque Départementale

sayonara samourai.jpgSayonara Samouraï

Julia Billet, Karactères, Seuil, 8,50 €

Ismaël est un garçon enjoué et sportif. A 14 ans, il est passionné par la culture nipponne, les arts martiaux et la pensée zen. Le samouraÏ est une figure qu'il admire, et atteindre un tel niveau de sagesse est un but en soi, pour lui et ses quatre amis. Il forme avec eux une bande, un clan, dans lequel tous partagent le même engouement. Ils se promettent une amitié et une fidélité sans écart.

Peu de temps après avoir obtenu la ceinture marron de judo, Ismaël n'est plus le même. Au fil des jours il s'affaiblit, a des douleurs inexpliquées. Le diagnostic dépasse toutes les inquiétudes : il est atteint d'un cancer. Il accepte cette nouvelle comme un challenge, il va devoir affronter cet épreuve avec la force du samouraï qu'il veut devenir, entouré de ses copains Driss, Alain, Tonio et Arthur. Tout change un peu autour de lui. La soeur d'Ismaël, alliée de sang et de coeur, lui fera la plus belle fête d'anniversaire jamais imaginée. Grâce au garçon hospitalisé, Monsieur Albert le gardien du stade que les adolescents regardaient d'un oeil moqueur parviendra à surmonter sa peur d'adulte et trouvera la force et à nouveau le bonheur de sortir de chez lui.

Ponctué de petits contes zen qu'Ismaël transmet à ses amis, ce roman est admirablement scénarisé, autour de personnages-clés qui rendent hommage à la relation fragile entre l'adolescent et l'adulte, et où l'on sent la distance que parvient à prendre Ismaël avec sa maladie.  Promesse tenue pour Julia Billet : ce livre, fruit d'une rencontre avec un réel samouraï est aussi une façon de le remercier pour son courage. A nous de remercier Julia Billet pour cette histoire contée avec émotion, qui en fait un roman frappant de justesse, extrêmement fort et touchant.      Laure Devisme, librairie l'Oiseau lire

operation phenix.jpgOpération Phénix

Franck Krebs, Gallimard, 15 €

Quatre grands adolescents « prélevés » à leur environnement, à Paris, à Londres, à Pékin, à New York, pour être enrôlés dans l'Opération Phénix. Après une intervention chirurgicale qui les dote de nanotechnologies, ils sont prêts à partir à la recherche des douze crânes de cristal qui donneront à leur détenteur une puissance à nulle autre pareille. Alan, Anna, Miguel et David ont été « prélevés » par le SPS 666 parce qu'ils ont tous les quatre un lien avec ces crânes mais ils ne sont pas les seuls sur le coup et ne sont même pas sûrs d'être dans le bon camp...Qui est le SPS 666 et quel est son rôle exactement ? Qui des Américains ou des Chinois les auront les premiers ?

Un roman efficace et prenant, construit comme une série télé avec des épisodes très courts, un personnage ou deux par chapitre et une petite illustration représentant le personnage. Tout est fait pour embarquer le lecteur et le tenir en haleine et ça marche !    Cathy, bibliothécaire, Vernon

naira et les cavaliers noirs.jpgNaïra et les cavaliers noirs

Sylvie Fournout, Chapitre, Seuil jeunesse, 9,50 €

Naïra vit dans le désert auprès de ses parents et de sa chèvre. Ceux-ci s'absentent afin de prendre possession d'un héritage auprès du fleuve. Après une tornade, elle recueille un jeune homme blessé qu'elle croit perdu. Celui-ci porte un anneau d'or. Il s'appelle Souleymane et c'est le fils du roi renversé par son frère. Ce jeune homme est recherché par les Cavaliers noirs à la solde du frère du roi.. Lorsque ceux-ci viennent la visiter, elle leur ment. De nouveau, ils reviennent. Le jeune homme qu'elle a accueilli va se cacher. Mais les terribles cavaliers remarquent un tissu qui n'a pas fini de brûler dans le feu. Naïra leur échappe de peu en se cachant dans une de ses cachettes secrètes situées près du puits. De rage, les cavaliers noirs détruisent tout ce qu'il y a dans la maison. Naïra et le jeune homme sont obligés de fuir à travers le désert pour regagner le fleuve. De nombreuses aventures les attendent.

Roman d'aventures passionnant avec de nombreux rebondissement, des personnages bien campés qui nous restitue avec brio l'ambiance du désert, le silence, les odeurs et les couleurs. Amour et amitié sont également au rendez-vous.   Anne-Marie Haloche, Bibliothécaire

les signatures du hasard.jpgLes signatures du hasard

Hubert Ben Kemoun, Karactère(s), Seuil, 8,50 €

Annabelle a 15 ans, c'est une jeune fille en mal d'amoureux qui croit beaucoup aux signes du hasard...

Et la journée n'a pas très bien commencé pour elle : lors d'une séance au cinéma, Francis l'a rejetée pour se jeter dans les bras de son amie Colline. Attristée par cette situation, Annabelle quitte le cinéma à la moitié du film et erre dans les rues de Nantes, l'âme en peine. Son regard est bientôt attiré par Cybèle, joli mannequin de rue, qui se produit déguisée en sirène dans une des fontaines de la ville. Voyant dans la sonorité de leurs 2 prénoms un signe positif du destin et pensant avoir trouvé une grande sœur, Annabelle décide d'attendre la fin de son show et de la suivre... Mais Cybèle n'a pas que des amis bien intentionnés dans son entourage et ce qui était jusqu'à maintenant une mauvaise journée devient la plus horrible des journées pour les 2 jeunes filles. Un récit  palpitant construit en 15 chapitres, chaque chapitre étant narré par un des 5 principaux protagonistes de l'histoire. Un roman au style direct, au suspens bien mené et mêlant habilement l'alternance des points de vue. Bravo !      Alexandra, bibliothécaire

le violoncelle poilu.jpgLe violoncelle poilu

Hervé Mestron, Tempo, Syros, 5,90 €

Dans ce court recueil, trois nouvelles sont consacrées à la première guerre mondiale. C'est d'abord à travers le regard d'un violoncelle que nous découvrons le front. Il accompagne Maurice, musicien dans la vie civile, et partage avec lui ses souffrances comme un ami fidèle. Rapidement, la belle caisse de bois verni se dégrade, souffre de la lourde musique des bombardements et de l'humiliation des réparations de fortune, mais garde à cœur de réconforter le soldat pendant les veillées. Loin des concerts raffinés qu'il a connus, l'instrument prend alors  plus que jamais conscience que son âme est liée à celle de celui qui joue.

Dans la deuxième nouvelle, Bruno, jeune garçon au chevet de son grand-père malade, découvre en transcrivant ses souvenirs, que celui-ci a été un petit « Boche », haï par un village entier pour avoir été le fruit d'un amour sincère entre une Française et un soldat ennemi. Le vieil homme avoue pourquoi, rejeté, privé d'une relation aimante avec son père, il s'est montré distant et maladroit avec son propre fils. Bruno comprend alors comment la violence de la guerre peut briser les relations affectives sur plusieurs générations. Enfin, un vieux fusil fatigué, exposé dans la vitrine d'un musée, livre non sans humour sa gêne d'être scruté quotidiennement comme un tueur, et sa peur d'être sorti à l'occasion d'une reconstitution de tir, à côté d'armes contemporaines qui pourraient être ses petites filles...

Plus que de fournir des récits circonstanciés sur 1914-1918, ce recueil se propose d'explorer les souffrances universelles, tant physiques que psychologiques, qui marquent tout conflit armé. Si l'objet occupe dans le texte une place si importante, c'est que son regard, forcément pratique, mais non dénué de sensibilité, invite à se demander en quoi consiste finalement le plus absurde : donner la parole à l'inanimé, ou faire taire l'humain par la violence? La prose, très accessible, permet divers degrés de lecture et fait tour à tour sourire ou s'émouvoir. Ces histoires ont été créées en 2007 à l'occasion d'une résidence d'auteur à l'Historial de la Grande Guerre dans la Somme.      Magali Lemaire, bibliothécaire

 

Sélection Dévoreurs 3ème

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Le temps des miracles

Anne Laure Bondoux,  Bayard,  8,90 €

Blaise va peut-être enfin retrouver celle qu'il aime, celle qui l'a élevé : Gloria Bohème. Il se souvient de ce qu'elle lui racontait le soir, comment elle l'avait trouvé dans un train qui brûlait à la suite d'un attentat, et comment ils avaient du fuir le Caucase en guerre. Il nous raconte les rencontres, les amitiés, mais aussi la faim, la peur, auprès d'une Gloria toujours présente, toujours aimante pour lui éviter d'attraper « un désespoir ». Et l'espoir c'est, au bout du chemin, la France, le pays de Koumail.

Littérature pour ados, littérature pour adultes ? Ce n'est pas le dernier roman d'Anne Laure Bondoux qui nous donnera la réponse car Le temps des miracles est un roman pour tous ceux qui aiment la littérature. C'est un grand livre, un roman qui, comme Les larmes de l'assassin, vous accompagnera longtemps, que vous ne pourrez oublier.

Anne laure Bondoux a été bercée par la poésie. Dans une rencontre avec ses lecteurs, elle expliquait que Les larmes de l'assassin lui avaient été inspirées par un poème de Prévert que lui lisait son père. Cette fois, ce sont deux poèmes de Blaise Cendrars qui sont la source du Temps des miracles. Espérons qu'il y ait encore beaucoup de poèmes dans la mémoire d'Anne Laure Bondoux. Annie Falzini

 

l age d ange.jpgL'âge d'ange

Anne Percin, Medium, Ecole des Loisirs, 8 €

Nous sommes dans un lycée huppé du Luxembourg. Quelques élèves de milieux défavorisés sont intégrés -en théorie- à ce lycée. La narratrice Anja parle au passé d'un garçon qu'elle a bien connu et aimé, Tadeusz. Anja est une jeune fille très masculine et très timide qui a une passion, le Grec. Cette passion lui permet d'exister car pour sa famille, elle est inexistante. Elle passe son temps à la bibliothèque à regarder un livre : Les amoureux des dieux et des héros.

Un jour, ce livre a disparu. Elle remarque en classe que Tadeusz a le livre en main. Elle l'observe discrètement et va, peu à peu, s'attacher à lui. Ils vont devenir amis. Un jour, elle le raccompagne chez lui. En route, ils sont agressés et Anja a le front fendu. Elle a été prise pour un garçon et ils ont été agressés pour le fait qu'ils étaient deux garçons ensemble. Anja demande à Tadeusz s'il l'aime. Il lui fait alors comprendre qu'il est homosexuel et qu'elle est son amie et non son amoureuse. Au fur et à mesure du roman, on va vers le drame. Tadeusz va mourir, victime de l'homophobie.

Très beau roman tout en pudeur sur le thème de l'homosexualité qui condamne l'injustice et l'homophobie. C'est en même temps un beau récit d'amitié.    Anne-Marie Haloche, bibliothécaire

 

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L'empire invisible

Jérome Noirez, Courants noirs, Gulf Stream, 12,50 €

Ce roman nous plonge dans l'horreur de l'esclavage en Caroline du sud en 1858. La riche famille Wingard possède des champs de coton dans lesquels travaillent du lever au coucher du soleil les esclaves noirs. Peu nourris, ils triment sous un soleil implacable. Les Wingard ne sont pas pire que les autres planteurs et Clara Walker supporte cette vie sans se rebeller, jusqu'au jour où de mystérieux cavaliers tuent son père. Non, elle ne suivra pas ses préceptes. Non, elle ne pardonnera pas, elle le vengera. Ces hommes elle les connaît, et c'est à Aaron, un ancien esclave, un être pour qui tuer ne pose aucun problème, qu'elle confiera cette besogne. La violence, la mort, s'installent sur la plantation. Tempête et tornade vont tout laver, les Wingard seront ruinés. Clara oubliera sa haine pour partir...vers la liberté, peut-être.

Ce roman est paru avant l'élection d'Obama, ce n'est donc pas un roman de circonstance, mais un roman fort sur l'esclavage. On s'attache aux personnages, même madame Wingard est pathétique. Un regret, son titre, sa couverture, peuvent l'assimiler à un roman fantastique.       Annie Falzini

 

 

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Le chagrin du roi mort

Jean-Claude Mourlevat, Gallimard, 16 €

Dans un contexte historique et géographique difficile à situer mais que l'on pourrait comparer à l'Islande, le vieux roi Holund est mort. Aleks et Brisco sont deux frères jumeaux qui vivent à Petite Terre, et qui grandissent paisiblement dans ce petit royaume. Loin de là, le neveu du roi, Guerolf, complote déjà pour prendre le pouvoir. Un jour où les deux enfants se rendent à la bibliothèque royale, Brisco se fait brutalement enlever. De nombreuses années vont s'écouler, et les deux frères grandir séparément. Leur destinée rejoindra celle de Guerolf, au cours d'une guerre fratricide et implacable.

Difficile à résumer, car je ne voudrais pas trop vous en dire, mais sachez juste que c'est absolument sublime. Jean-Claude Mourlevat m'émerveille : tant de bonté d'âme, tant de générosité à notre égard, tant d'humanité ! C'est incroyable de vérité, de justesse, et pourtant ça ne manque jamais de rythme ni de densité. L'émotion est toujours là, bien présente, elle vient nous réchauffer dans ces immenses contrées glacées. Je crois que ce qui me plaît par-dessus tout chez lui, c'est cette capacité à se renouveler pour nous délivrer des histoires d'hommes et de femmes dont l'humanité nous pousse à nous poser de vraies questions, sur notre condition et notre existence.

Alors si comme moi vous aimez le Chagrin du roi mort et la merveilleuse écriture de ce grand monsieur (qui a toujours su garder son âme d'enfant, parce qu'il comprend les enfants tellement bien), n'hésitez pas à vous rendre sur son site, et à lui écrire tout le bien que vous pensez de son travail. Un grand merci à vous, monsieur Mourlevat, de nous offrir de tels moments...     Jean Pichinoty, librairie La Soupe de l'Espace

l attrape reves.jpgL'attrape-rêves

Xavier-Laurent Petit, Medium, L'école des loisirs, 10,50€

Une vallée boisée et isolée des Etats Unis. Au collège, il y a ceux de la haute vallée, les bouseux, les sauvages et ceux de la ville, ils ne se mélangent pas. Ceux de la vallée ont tous un père qui travaille à la scierie et dès qu'ils pourront quitter le collège, les garçons eux aussi y travailleront, quand aux filles...Seule Louise veut continuer ses études, M.Harrison, son prof de littérature lui a donné le goût des livres, de la poésie et de l'étude, mais il faudra convaincre son père.

Un nouveau venu au collège, Chem  qui arrive d'on ne sait où, va cristalliser les instincts brutaux des meneurs de la communauté. Louise est partagée entre sa fidélité au groupe et son amitié, son amour pour Chem. La fermeture de la scierie va exacerber les conflits et le désarroi des habitants. Aussi quand des ingénieurs arrivent et font miroiter aux habitants, travail, argent, maisons luxueuses si ils acceptent la construction d'un barrage, seule Dolorès et Chem comprennent ce que cela représente. Mais Dolorès est malade et n'a pas la force de lutter, Chem lui fera tout pour retarder le chantier.

Xavier-Laurent Petit aborde dans ce roman les problèmes de notre monde en les faisant vivre par des adolescents auxquels les lecteurs pourront s'identifier.        Annie Falzini

de chaque cote des cimes.jpgDe chaque côté des cimes

Claire Mazard, Karactère(s), Seuil, 9 €

Au Zanskar qu'on appelle « le petit Tibet » en plein cœur de l'Himalaya vivent deux jeunes filles. Celles-ci sont très amies et sont inséparables. Le poids des traditions étant très présent, le destin de chacune est tracé : elles devront normalement être enlevées par la famille de leur mari et vivre dans cette famille.

Ces deux jeunes filles vivent leur vie, pour le moment, auprès de leur famille, une vie rythmée par les saisons. Dahoé rêve d'aller à l'école et ne souhaite pas se marier. Quant à Namkha, elle ne dit rien mais elle est secrètement amoureuse. A l'âge du mariage, Namkha quitte le village et se marie. Dahoé, quant à elle, refuse cet état de fait. Elle veut étudier et pour cela être nonne de l'autre côté des montagnes. Elle réussit très facilement à convaincre sa mère, elle reçoit l'aide de sa tante nonne, sœur de sa mère et d'un oncle moine, frère de son père. Il lui faut maintenant l'accord de son père qu'elle finit par recevoir. Et même son père va plus loin : il va accompagner le « tchadar » qu'il n'effectuait plus pour y avoir vu mourir son meilleur ami (voyage qu'effectuent les hommes sur le fleuve glacé afin de vendre leurs marchandises et d'en ramener d'autres). Il va ainsi mener sa fille de l'autre côté des montagnes.

Ce roman est passionnant pour diverses raisons : sa thématique de la condition féminine, l'amitié entre les deux jeunes filles mais aussi l'affection entre les autres personnages, les difficiles conditions de vie dans cette partie du monde, l'aventure du tchadar. De très belles descriptions parsèment ce récit. Les destins des 2 jeunes filles sont finalement très contrastés.

Un très beau récit sensible et  dépaysant. On le quitte à regret.        Anne-Marie Haloche, bibiothécaire

  

mon amour kalachnikov.jpgMon amour kalachnikov

Sylvie Deshors, Rouergue doAdo noir, 12,50 €

Agathe vit à Lyon depuis deux mois elle est inscrite en fac d'histoire et est amoureuse de Gilan. Elle, la franco-chinoise, se lie d'amitié avec Lucia Paz l'équatorienne. Un soir, qui pourrait être une soirée de baby-sitting sans histoire - le bébé dort, le loft est luxueux -, elle trouve dans la chambre de l'enfant une photo des parents qui la plonge dans l'horreur. Le père, c'est lui, le taré qui l'avait prise en chasse avec sa Scénic. Et l'horreur continue quand au matin la police la réveille. L'homme a été retrouvé mort dans la cour de son immeuble. Les soupçons se portent sur Agathe, son entourage, Gilan et ses amis dealers. Agathe va devoir faire la preuve de son innocence et peut-être de celle de Gilan. Mais pourquoi maintenant qu'elle a la police sur le dos ne lui répond-il pas ? C'est là que l'amitié de Lucia Paz lui est précieuse.

Un bon polar, les personnages sont bien campés et attachants. On découvre un peu de la ville de Lyon, ses quartiers, ses habitants, ses étudiants, jeunes trafiquants, immigrants chinois et arrivistes exploitant les sans-papiers.         Annie Falzini

 

 

 

Charte des dévoreurs de livres

LES DEVOREURS DE LIVRES

Charte

 

  • Article 1. Ce prix est ouvert aux élèves et aux jeunes de 9 à 16 ans (CM à 3è).
  • Article 2. Trois listes d'au moins 7 romans récents d'auteurs français sont constituées par des professionnels du livre (bibliothécaires, libraires, enseignants et inspecteurs de l'Education Nationale), chacune des listes correspondant à un niveau, soit CM-6è, 5è-4è et 3è. La liste CM - 6è comprend 4 romans communs et 3 romans spécifiques soit au niveau CM, soit au niveau 6è.
  • Article 3. Ce prix reçoit le soutien financier du Conseil Général de l'Eure, des villes d'Evreux, Vernon, Bernay, Louviers, de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Haute-Normandie, de l'Inspection Académique de l'Eure et de la délégation académique à l'Action Culturelle du Rectorat de Rouen.
  • Article 4. Les classes désireuses de participer au Prix s'inscrivent auprès de la DVS 1 de l'Inspection Académique, les candidats individuels peuvent le faire auprès de la Bibliothèque-Médiathèque d'Evreux ou de la librairie «l'Oiseau Lire».
  • Article 5. Les listes d'ouvrages retenus sont présentées oralement aux enseignants volontaires par les organisateurs lors d'un temps d'information et de formation obligatoire à l'IUFM d'Evreux le 23 SEPTEMBRE 2009 et sont consultables sur le site de L'oiseau Lire http://loiseaulire.hautetfort.com/devoreurs_de_livres/ aisi que sur le site de l'Inspection Académique
  • Article 6. D'octobre 2009 à avril 2010, les élèves participants liront au moins quatre ouvrages de l'une des 3 listes et sélectionneront l'ouvrage lauréat de la liste. Seuls les élèves ayant lu au moins quatre ouvrages peuvent participer au vote.
  • Article 7. Les enseignants participants liront tous les livres de la liste et établiront un classement personnel.
  • Article 8. Chaque classe remplira un seul bulletin qui tiendra compte du vote individuel de chaque élève (1 élève = 1 voix) ainsi que du classement de l'enseignant. Ce bulletin sera envoyé, dans les écoles et établissements, par l'Inspection Académique courant mars et devra être renvoyé avant le 30 AVRIL 2010 à la librairie l'Oiseau Lire, 91 rue Joséphine - 27000 Evreux.
  • Article 9. De janvier à mai, chaque classe inscrite rencontrera un auteur de la liste correspondant à son niveau. Tous les élèves de la classe devront impérativement avoir lu (lecture personnelle ou accompagnée) auparavant le livre de l'auteur concerné. En cas d'empêchement majeur de date (ex: voyage), le signaler lors de la réunion du 23 septembre 2009.
  • Article 10. Les classes inscrites pourront participer à un concours d'écriture de critique littéraire portant sur l'ouvrage préféré de la classe (une critique par classe) doté d'un lot de livres: une critique sera primée par niveau et sera mise sur les sites internet de l'Inspection Académique et de Citrouille.
  • Article 11. Les ouvrages pourront être empruntés individuellement à la Médiathèque, dans les bibliothèques annexes des quartiers et dans les relais de la Bibliothèque Départementale de Prêt. L'Inspection Académique enverra la liste des classes inscrites à chacun des partenaires.

La remise des prix aura lieu le mercredi 09 juin 2010 à Evreux, en présence, dans la mesure du possible, des auteurs lauréats et de deux élèves représentants par classe. Chaque auteur recevra un diplôme original et un prix. Chaque élève participant aura un diplôme de dévoreurs de livre signé par l'Inspecteur d'Académie.

18 août 2009

L'Empire Invisible

l'empire invisble.jpgL'empire invisible

Jérome Noirez

Gulf Stream, Courants noirs, 12,50 €

Ce roman nous plonge dans l'horreur de l'esclavage en Caroline du sud en 1858. La riche famille Wingard possède des champs de coton dans lesquels travaillent du lever au coucher du soleil les esclaves noirs. Peu nourris, ils triment sous un soleil implacable. Les Wingard ne sont pas pire que les autres planteurs et Clara Walker supporte cette vie sans se rebeller, jusqu'au jour où de mystérieux cavaliers tuent son père. Non, elle ne suivra pas ses préceptes. Non, elle ne pardonnera pas, elle le vengera. Ces hommes elle les connaît, et c'est à Aaron, un ancien esclave, un être pour qui tuer ne pose aucun problème, qu'elle confiera cette besogne. La violence, la mort, s'installent sur la plantation. Tempête et tornade vont tout laver, les Wingard seront ruinés. Clara oubliera sa haine pour partir...vers la liberté, peut-être. Ce roman est paru avant l'élection d'Obama, ce n'est donc pas un roman de circonstance, mais un roman fort sur l'esclavage. On s'attache aux personnages, même madame Wingard est pathétique. Un regret, son titre, sa couverture, peuvent l'assimiler à un roman fantastique.

Annie Falzini

11 juin 2009

remise des prix Dévoreurs

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Hier s’est déroulée la remise des prix des Dévoreurs de livres.

 

Les enfants étaient impatients de découvrir qui étaient les lauréats, et le suspense a été conservé jusqu’au bout.

 

Le matin les représentants des classes de CM- 6e ont enfin eu les résultats et rencontré le lauréat : Eric Boisset. Habitué des remises de prix (il venait pour la 3e fois), il a été récompensé pour L’œuf du Démon.

Ils ont également pu poser toutes leurs questions à Claire Mazard.

 

L’après-midi, les représentants des classes de 5e 4e et 3e ont pu rencontrer Jean-Marie Défossez, récompensé pour Envol pour le paradis (catégorie 3e).

Etaient également présentes Catherine Missonnier et Muriel Bloch (qui n’avait pas eu l’occasion d’aller dans les classes)

Florence Cadier (absente) a été récompensée pour Le rêve de Sam, dans la catégorie 5e – 4e.

 

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Critique pour le prix des Dévoreurs de livres

Classe de 4ème C du collège Cervantes

 

Le rêve de Sam

 

Avec son titre peu accrocheur et peu révélateur, ce livre n’avait pas de quoi gagner notre cœur. Pourtant, l’objet s’est vite imposé : la couverture et son illustration intrigante ainsi que la quatrième de couverture ont vite fait de nous interpeller. En toute honnêteté, la lecture du résumé donne envie de lire ce roman écrit par Florence Cadier.

Et le contenu ne déçoit pas. L’histoire ne manque pas d’intérêt, surtout pour un jeune adolescent français, à qui l’on n’apprend pas nécessairement, en cours, l’histoire de Martin Luther King. Ce livre est comme un long chapitre d’Histoire, sauf qu’en voyageant avec Sam, le héros, on ne s’ennuie pas. Ce jeune garçon afro-américain ne rêve que d’une chose : l’égalité dans le monde.

Certes, Sam n’est qu’un personnage de fiction mais des millions de Noirs américains ont vécu la même histoire. Et, ce roman, en nous retraçant les passages de la lutte non violente de Martin Luther King, nous montre à quel point le racisme est cruel et injuste.

C’est pourquoi, si vous cherchez à vivre de grands moments d’émotions et d’aventures, à mi-chemin entre la réalité et la fiction, nous vous le disons haut et fort : lisez ce livre !

 

 

 

Critique pour le prix des Dévoreurs de livres

Classe de 3e Lilas Collège Immaculée Conception

Professeur : S. Lemonnier

 

Envol pour le paradis

 

Jamais nous n’aurions pensé nous identifier un jour à un héros faisant partie des Jeunesses Hitlériennes. C’est pourtant ce qui s’est passé à la lecture d’Envol pour le paradis.

 

Il faut préciser que rien ne prédispose Arthur, le héros de ce roman passionnant, à devenir lui même nazi… Fils d’un fermier du côté de Stuttgart, bien protégé, -peut être trop- par ses parents, il ignore tout du nazisme. Mais dès le prologue, il a soudain l’impression que le maître de l’Allemagne pose les yeux sur lui et sent que « l’ombre de la peur entre dans son esprit ». Elle ne le quittera plus.

 

Quand Arthur est intégré de force dans un camp de la JH, le lecteur se rebelle avec lui contre ce système qui l’arrache à tous ceux qu’il aime. Les théories qui font des Aryens la seule race digne de vivre ne sont pour le héros que des âneries. Et c’est naturellement qu’Arthur se lie avec Heinz, ce jeune slave, un peu trop brun, un peu trop clown, un peu trop désobéissant. Le système nazi broiera cette amitié : Heinz, devant le contre exemple des théories racistes quand ses performances dépasseront celles des Aryens, disparaîtra dans l’un des camps où le Reich envoyait ceux qui le dérangeaient.

 

Comment ne pas s’identifier à un héros fidèle à son amour ? Dora est celle à qui Arthur reste fidèle. Séparés, ils ne s’oublient pas. Si le hasard de la vie, -ou celui de l’écriture-, les fait se croiser à nouveau, leur relation faite de distance, d’absence, et de brèves entrevues lors des fêtes reste magique. Les quelques pâquerettes et trèfles offerts par Dora et l’initiale du prénom de la jeune fille sur un morceau de tôle, fragiles témoignages de leur attachement, seront d’ailleurs les seuls vestiges de cette histoire tragique.

 

Arthur est d’abord un héros mené par son désir de piloter un avion. Ce rêve universel de voler, désir d’enfance de « chevaucher le vent » perd son innocence quand il est détourné par le Reich. Il conduira Arthur à des sacrifices bien lourds : s’éloigner de ses parents, de Dora, de Heinz, s’imprégner de doctrine nazie, se soumettre aveuglément aux ordres d’Hitler : « Vivre loyalement, combattre avec bravoure et mourir avec le sourire ! ». Car c’est bien à la mort que conduit ce rêve de piloter. Entraîné sommairement à décoller, Arthur sera envoyé comme kamikaze pour faire exploser en plein vol les bombardiers B17 de l’armée américaine. Coincé dans son cockpit, il mourra en découvrant « le paradis », l’océan des nuages vus d’avion. Le lecteur qui a compris le piège depuis longtemps assiste impuissant à la mort acceptable d’un alter ego.

 

Envol pour le paradis est un livre qui a su nous interpeller. Inspiré de faits réels, il nous a appris à nuancer notre jugement sur ceux qui ont appartenu à ces Jeunesses Hitlériennes de triste mémoire !

 

 

 

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Jeu: sur chacune de ces photos se trouve un auteur en train de dédicacer, à vous de les retrouver! (Claire Mazard et Eric Boisset)
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20 octobre 2008

Dévoreurs

 

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Voici enfin sur notre blog les résumés de chaque livre participant au prix des Dévoreurs cette année!

Pour les consulter, regardez dans la colonne de gauche "catégories", puis "Dévoreurs de livres"... ils sont classés par niveaux!

Nous vous rappelons aussi que vous pouvez trouver chacun de ces livres à la librairie tout au long de l'année!

Très bonne lecture à tous!

02 septembre 2008

résumés CM 2008-2009

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Niveau CM (4 titres en commun avec les 6ème)

Dossier la guêpe

Anne Vantal (Actes Sud - 7€)

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Julien ne supporte plus sa sœur Pauline depuis quelque temps. Il faut dire qu’elle a bien changé : physiquement, elle a beaucoup grandi et psychologiquement, elle est devenue insolente, elle ne s’intéresse plus qu’à sa petite personne et est particulièrement désagréable avec Julien, tant et si bien que ce dernier l’a surnommée « la guêpe ». Elle est collante et agressive comme l’insecte !

De plus, elle a des rendez-vous mystérieux qui intriguent Julien. Celui-ci décide de mener l’enquête avec l’aide de son meilleur ami Tim dont le père est policier. Ils vont de découvertes en découvertes : Pauline se rend régulièrement au gymnase (pour faire du sport ?) et fréquente un garçon du lycée voisin (dans quel but ?). Après de nombreuses surprises, Julien et Tim finiront par trouver le fin mot de l’histoire (et nous aussi !). Un petit roman très agréable à lire, mêlant intrigues et relations frères –sœurs, dans lequel les enfants se retrouveront.

Alexandra Bigot, bibliothécaire

Mon père a disparu
Cathy Ribeiro (Actes Sud - 6,50€)
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Quel désarroi pour ce jeune garçon de ne pas savoir où se trouve son père! Il a beau poser la question à sa mère, elle répond à côté en masquant ses larmes…Alors il décide d'en parler à Jeff un copain plus vieux que lui: les hypothèses pleuvent. "Ton père est parti avec la meilleure copine de ta mère", mais non ce n'est possible. Pas plus d'ailleurs que papa soit archéologue ou agent secret. L'enfant comble l'absence jusqu'à ce que sa mère se décide à dire la vérité: papa est en prison. Avec des mots justes et d'une grande sensibilité, Cathy Ribeiro nous offre un récit sur une réalité peu connue. Le narrateur, un enfant de primaire, offre une fraîcheur dans le texte qui évite complètement le misérabilisme. L'histoire se termine sur l'organisation et le déroulement des visites en prison . On ne sait pas pourquoi le père est incarcéré - "il a fait une bêtise. Une énorme bêtise." - et c'est bien comme cela.

Delphine Blaise, bibliothécaire

Un cow boy dans les étoiles
Claire Mazard (Seuil jeunesse - 8€)
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Chaque année pour les vacances d’été, Anne retrouve ses cousins, Tristan et Louis. Une tendre complicité les unit, ensemble ils vivent des aventures extraordinaires. Du haut du vieil olivier, le « Regarde venir », ils scrutent le monde. Et c’est au pied du Regarde venir, qu’un jour, en creusant une tombe pour un poussin, ils trouvent un trésor romain, des amphores et surtout un coffre rempli de pièces en parfait état. Ils avisent leurs parents pour les amphores mais gardent secret la découverte du coffre qu’ils cachent en jurant « A la vie à la mort » de n’en dévoiler à personne l’existence. Anne et ses cousins vont grandir et la vie réserve parfois des moments douloureux. Louis perd la vie dans un accident de moto.

Il  n’y aura plus de vacances à la Fariguette, mais toujours Anne se souviendra et quand des années plus tard Tristan lui téléphone, elle n’hésite pas et part le rejoindre.

Annie Falzini, libraire

Pablo de la Courneuve
Cécile Roumiguière (Seuil jeunesse - 7,50€)
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"De" peut marquer l’origine.

Pablo vient de Colombie. Là-bas, la peau sentait le soleil et non pas le beignet inachevé.  Là-bas, on pouvait marcher dans des rues qui embaument l'ananas et la mangue. Là-bas, il a fallu marcher une nuit, dans le silence pour ne pas réveiller les bottes jaunes et s'exiler, sans papiers, la famille au grand complet, d'Abuelita à la petite Rose, jusqu'à un HLM de la Courneuve.

De peut marquer aussi la cause.

Pablo est blanc de peur à l'idée de devoir récupérer une poupée chez la Goule, sorcière aux ongles bien sûr longs. Sauf qu'une fois cet exploit accompli, de la cause on passe à l'appartenance.

La Goule devient la confidente de Pablo. Confident aussi, Georges, percuté à un carrefour, cycliste adjoint au maire et sans doute membre de RESF. Et Marisol qui échangerait bien un sol contre un e, Marie, confidente et hermania prête, d'un coup de crayon pour les yeux, à raturer ses origines. C'est compter sans son frère. Et puis, il y a...

Pablo de la Courneuve

Pablo, dès qu'il dispose de quelques minutes, marche loin des tours. Il marche comme il marchait dans son pays. Il n'est pas originaire de la Courneuve ni ne lui appartient. Pourtant dans ce "de"-là se déploie tout le chemin parcouru qui fera qu'un jour il lui sera possible de dire qu'il est Courcolombien. Ce "de "-là vaut largement une particule. Pablo DE la Courneuve.

Béatrice Added, enseignante

L'oeuf du démon
Eric Boisset (Plon jeunesse - 13€)
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Dans une grossière enveloppe, Zacharie reçoit par la poste un objet en forme d’œuf. Un œuf impossible à ouvrir malgré les efforts conjurés de Zacharie et de son ami Farouk. En regardant attentivement cet œuf, les deux amis découvrent une inscription qui semble être en arabe. Inscription que la grand-mère de Farouk, une vieille dame arabe refuse de traduire, car prononcer la formule magique libérerait un « maridin ». Têtu, Zachari va à la mosquée, muni d’un magnétophone, se faire traduire l’inscription. Et c’est là que les ennuis commencent, car la grand-mère de Farouk n’avait pas tort.

Un récit bien mené dans la veine du « Grimoire d’Arkandias », Eric Boisset sait mêler aventure, amitié, un rien de magie pour un roman qui séduira de nombreux lecteurs.

Annie Falzini, libraire                                         

Mao et moi
Jiang Hong Chen (Ecole des loisirs - 24,50€)
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C’est l’histoire d’une enfance particulière ; Chen, le narrateur, y raconte sa vie d’enfant dans une ville de la Chine du Nord, entre les années 1966 et 1976.

 Chen a 6 ans quand il rentre à l’école ; c’est son regard qui nous fait découvrir la vie quotidienne de la famille, installée dans un immeuble triste de cette grande ville. Comment vit cette famille ? De quoi se compose un appartement modeste où parents, enfants et grands-parents cohabitent étroitement ?

Chen a la chance d’avoir d’adorables grands-parents qui ont de multiples talents. Les jeux qu’il partage avec eux sont simples, et lui apportent beaucoup de bonheur.

La vie de Chen va changer lorsqu’il entre à l’école. C’est là qu’il va découvrir ce qu’on appellera «  la Révolution Culturelle », mise en place par MAO ZE DONG et ses partisans.

L’album devient alors, toujours à travers le regard du petit garçon, un témoignage sur les effets de la Révolution culturelle ( Education des petits « gardes rouges », départ déchirant du père -discrètement évoqué- vers un camp de « rééducation », arrestation brutale d’une voisine musicienne et cultivée qui l’avait souvent reçu chez elle…). Le massacre des poules de la grand-mère, effectué par les gardes rouges, semble surréaliste tellement il est arbitraire et douloureux.

Le ton reste toujours celui d’un témoignage « distancé » ; du moins c’est celui d’un petit garçon qui observe, qui ne juge pas, qui ressent et exprime pudiquement les chagrins provoqués par certains évènements concernant sa famille (gros plans sur les visages d’enfants).

C’est un magnifique album où les images décrivent un monde très rarement évoqué par le regard d’un enfant. L’émotion est présente, mais discrète. Malgré les difficultés rencontrées par la famille de Chen, c’est la richesse des échanges entre adultes et enfants, avant que la famille ne soit « brisée », qui subsiste longuement en nous.

On y voit aussi, évoquée avec humour, la naissance du talent de Chen  (il sera désigné comme « responsable du mur de propagande », parce qu’il dessine bien… avec de pauvres outils.)

 La force évocatrice des images, l’accessibilité du texte, font que cet ouvrage peut être lu par des enfants, des adolescents, mais aussi avec intérêt par des adultes. Il est passionnant.

 MC Vulphie

Noé
Claire Clément (Bayard jeunesse - 9,90€)
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Lorsque sa mère meurt dans un accident de voiture, Noé, dix ans, ne connaissant pas son père, part vivre sur la péniche de ses grands-parents, mamina et grand-pa.

Ne croyez pas que vous vous embarquez dans un roman qui vous fera pleurer car Noé vous entraîne dans sa nouvelle existence à bord du Nan-Ty, navire transportant des marchandises sur des fleuves  et canaux européens.

Vie rude, vie déroutante où Homère, un canard vivant à bord de la péniche, veille sur lui. Peu à peu Noé devient un vrai marinier grâce à Gran'pa et Freddy, un"voisin" marinier dont il se sent proche...

Jusqu'au jour où une violente tempête va à nouveau bouleverser la vie de Noé.

 Durant 169 pages, abandonnez votre vie de sédentaire et montez avec Noé sur la péniche du Nan-Ty à vos risques et périls.

 Annie Falzini, libraire

Résumés 5ème-4ème 2008-2009

Niveau 5ème-4ème

 

Case départ

Pascal Garnier (Bayard jeunesse- 9,90€)

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Un jeune garçon a été retrouvé complètement amnésique et transporté dans un hôpital psychiatrique. Il ne se souvenait pas de son nom ; le personnel lui a alors demandé comment il souhaitait s’appeler en attendant de retrouver la mémoire. Il a décidé qu’il s’appellerait Fox. Avec Elvis, un jeune paumé, interné comme lui, qui a une affaire à traiter en ville, il va s ‘échapper une nuit. En attendant Elvis au coin d’une rue, il aperçoit une malle chez un antiquaire qui lui rappelle des bribes de son passé. Plus tard et toujours avec ce même Elvis, ils vont se rendre aux abords d’une vieille maison à vendre qu’il reconnaît parce qu’elle a été la sienne. Ils décident de l’explorer. Les souvenirs vont revenir et par là même de douloureux secrets de famille.
Un bon roman sur le thème de l’amnésie et des secrets de famille qui montre l’importance pour un individu de connaître son passé pour se forger un avenir. C’est en même temps une entrée dans l’univers psychiatrique.

Un style assez simple avec plein de dialogues où le suspense est bien ménagé.

 Anne-Marie, bibliothécaire

Le grand piano noir
Olivier Silloray (Bayard jeunesse - 10,90€)
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Caroline travaille sans relâche pour réussir l’examen d’entrée au Conservatoire National Supérieur de Musique. S’exercer au piano est son obsession. Elle doit faire face à la concurrence d’autres élèves prêts à tout pour gagner les premiers prix  mais surtout ses propres doutes.  Malgré son talent et tout son travail, le  jour de l’examen, elle flanche.  Elle se sent alors moins que rien et pense abandonner. Caroline s’en veut de ne pas être à la hauteur des sacrifices réalisés pour elle par ses parents et son petit ami. La chance va lui sourire lorsqu’elle rencontre Jean-Charles, lors d’un stage d’été. Beau, jeune et talentueux pianiste, il va lui redonner courage et lui offrir les moyens d’atteindre son objectif. Un personnage qui contraste avec celui de Caroline par l’attention qu’il porte aux autres et la distance prise par rapport au piano... Il croit en elle et l’encourage à s’accrocher pour révéler la grande pianiste qu’il sent en elle. Le grand piano noir est un roman d’apprentissage : Caroline devra également prendre des décisions pour améliorer son quotidien : déménager de chez ses parents, quitter Kévin, quitter son actuel professeur de piano…

Les tibulations d'un prince au royaume d'Ashkabad
Stephane Terranova (Bayard jeunesse - 11,90€)
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« Au fin fond d’un Orient magique et lointain existait, il y a bien longtemps, un petit royaume, perdu entre des montagnes inaccessibles et un immense désert de sable brûlant ». Dès les premières lignes, le décor est planté. Les tribulations du prince Seyin au royaume d’Ashkabad est un merveilleux conte oriental, mais pas seulement. Seyin, fils unique du sultan, se morfond (comme beaucoup de princes et princesses dans la littérature jeunesse !) dans l’enceinte du palais. Il décide d’en franchir les grilles pour aller explorer le monde. À son doigt, l’anneau des sultans d’Ashkabad, symbole du pouvoir de sa famille, qu’il ne tarde pas à égarer. Bonnes et mauvaises rencontres, bonne et mauvaise fortune attendent dès lors notre jeune héros.Un roman d’aventure au rythme soutenu et drôle à souhait (un cousin de Nasreddine ?). Un premier roman à lire, écrit par un auteur qui « aimerait pouvoir se consacrer à l’écriture, au lieu de travailler dans une multinationale pour arrondir ses fins de mois ». C’est lui qui l’écrit dans sa présentation. Et il termine par « Achetez tous ce livre s’il vous plaît ! » Pour s’évader et « sauver les auteurs jeunesse du libéralisme », tous en librairie !!

Citrouille

La petite capuche rouge
Orianne Charpentier (Gallimard - 7€)
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Ne vous fiez pas à la couverture. Méthilde est une adolescente déterminée et brillante. Elle refuse de se laisser aller à ses émotions. Et d'ailleurs elle n'a besoin de personne. Pourtant elle propose son aide à deux filles de sa classe pour des révisions de maths .L'après-midi se passe bien, les confidences affluent. Déjà l'heure de rentrer arrive et le temps se gâte. Sur le chemin du retour Méthilde est prise dans une tempête. Elle affronte le danger en compagnie de Djibril rencontré sur la route. La peur ressentie et l'intensité d'un moment pareil, Méthilde comprends l'importance d'échanger avec les autres et libère des paroles jamais exprimées. Des images remontent à sa mémoire, notamment celle de sa mère sur un lit d'hôpital. Pourquoi suis-je comme je suis? Une rencontre change parfois le cours des choses. Entre chronique adolescente et confession, Orianne Charpentier nous emmène loin de tous les sentiers battus et réussit à nous surprendre jusqu'à la dernière page.

Delphine Blaise, bibliothécaire
Le rêve de Sam
Florence Cadier (Gallimard - 8,50€)
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Ce roman, réalisé à partir de faits historiques, noue une fiction autour de Sam et Josh, 2 enfants noirs des Etats-Unis dans les années 50 et raconte la vie des Noirs à cette époque et leur difficulté de se faire une place dans le monde des Blancs.En 1950, les Noirs ont peu de droits : interdiction de voter, de faire des études à l’Université, de s’asseoir sur certains bancs, de rentrer dans certaines salles de restaurant, de s’asseoir à l’avant des bus… Ils ont même l’obligation de laisser leurs places aux Blancs. Sam et son frère Josh ont vu leurs parents lynchés pour avoir insisté à s’inscrire sur les listes électorales. Les 2 enfants ont été élevés par leur oncle Albert et leur tante Rosa. Ils ont été encouragés à faire des études. Sam, lui, se destine à être juge pour défendre les Noirs et s’engage dans la lutte non-violente aux côtés de Martin Luther King.

Josh, lui, ne suit pas le même chemin et s’engage aux côtés de Malcolm X.

Roman poignant, vivant, efficace, dans une écriture simple qui relate les luttes non-violentes avec

des personnages sensibles.     

 Anne-Marie, bibliothécaire             

                               

Les gardiens du secret
Catherine Missonnier (Rageot - 6,70€)
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Nous sommes en novembre 1989 et le mur de Berlin vient de tomber. Quatre étudiants scientifiques « hautement spécialisés » fêtent cette ouverture à « l’humanité nouvelle ».Février 1994, dans un chalet de l’état du Maine aux USA, nos quatre étudiants se rendent compte qu’hélas rien n’a changé et que le monde est toujours aussi violent ; ils décident alors d’agir et de mettre en place un projet sur lequel ils travaillent depuis de nombreuses années.

Nous nous retrouvons quinze ans plus tard en France. Mike, un adolescent, se fait agresser par deux hommes à son domicile et Jonas, un autre adolescent orphelin après avoir été adopté, apprend qu’il est sélectionné pour faire partie de l’équipe de basket qui participera au championnat et que le joueur à redouter le plus sera un certain Mike. Quelle ne sera pas sa surprise quand il va découvrir ce Mike au match : il lui ressemble comme un frère. Ils vont très vite s’apercevoir en devenant amis et en fouillant dans leur passé qu’ils ont vraiment beaucoup de points en commun. Quant à nous, lecteurs, nous suivons, en même temps, les quatre savants du début qui savent tout des faits et gestes de nos deux adolescents ; y-a-t-il un rapport avec leur projet initial ?

Un roman facile à lire, au suspens bien mené, et qui se finit, comme toute saga, sur une ouverture.

Monique Saget, enseignante

Le souffle des marquises
Muriel Bloch (Naïve - 14€)
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Lille, 1852 : Eléonore, fille d'un joueur de piston amateur est passionnée de musique et, de plus, a l'oreille très musicale. Son père, lui, ne l'entend pas de cette oreille ; il interdit toute activité musicale à Eléonore. Ce n'est pas un métier de fille. Pourtant, elle continue à jouer, encouragée par sa mère et son frère. Lorsque son père la surprend, il décide de l'envoyer, sur le champ, chez sa sœur à Paris afin qu'elle apprenne un métier plus convenable, celui de blanchisseuse.

Eléonore, 10 ans, quitte sa famille pour Paris où elle reçoit un accueil chaleureux de sa famille. Elle ne tarde pas à se faire embaucher par l'un des frères Sax dans l'usine de construction des saxophones. Commence alors pour elle une vie passionnante où règnent la musique, l'amour, les combats à travers les évènements de la Commune, de l'Exposition universelle. Elle en sortira adulte. L'amour la conduira à La Nouvelle-Orléans à la recherche de son grand amour où se termine ce premier volume.

Laissez vous porter par cette écriture  envoûtante.

Un rythme haletant pour découvrir un destin de femme hors du commun  dans un récit écrit à quatre mains où percent le talent de conteuse de Muriel Bloch et la rigueur documentaire de Marie-Pierre Farkas, journaliste.

Anne-Marie, bibliothécaire

Résumés 6ème 2008-2009

Niveau 6ème (4 titres en commun avec les CM)

Les pieds dans le plat

Kethevan Davrichewy (Ecole des loisirs - 8,50€)

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Lou a la fâcheuse habitude d'écouter aux portes. Elle épie ses parents et en tire des conclusions hâtives : les parents de sa meilleure amie se séparent et le "dernier anniversaire" dont elle entend parler serait donc celui de sa copine auprès de ses père et mère réunis. Il n'est rien de tout cela: il s'agit de l'anniversaire de sa tante gravement malade et hospitalisée. Cette curiosité entraîne Lou dans une suite de quiproquos et risquent de la fâcher définitivement avec sa camarade. L'histoire évoque aussi l'amitié, l'amour et le tourbillon de la vie.

A partir des conséquences d'une faute bénigne, le roman aborde avec délicatesse la complexité des relations humaines.

Delphine Blaise, bibliothécaire

 

 

Les anneaux du temps
Christine Feret-Fleury (Gallimard - 7,50€)
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Emma, une lycéenne de 15 ans, se trouve propulsée en l'an 1307 à l'époque de Philippe le Bel. Elle y est plongée dans des aventures avec les Templiers qu'elle doit aider.

Ce récit qui se situe au Moyen Age est plein de péripéties et Emma, une adolescent de notre époque, décrit avec humour la vie de cette époque. Réussira-t-elle à aider Arnaud ?

 

Sylvie Tombrey, enseignante
Ling et le héron blessé
Jean-Lou Jouanneaud (Oskar jeuensse - 9,95€)
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Ling, un jeune garçon de 12 ans, qui vit seul avec sa mère et sa cousine dans un pays où règne une terrible dictature, trouve un jour un héron blessé. Encouragé par un vieil homme qui croise son chemin, il décide de ramener le héron dans une héronnière. Mais les hérons nichent dans les marais et sa quête va être difficile. C'est un court roman au format agréable qui traite principalement de la relation entre le héron et l'enfant dans un rythme lent et poétique. On se plonge également dans des caractéristiques asiatiques. De même, la politique est présente.

Anne-Marie, bibliothécaire

L'oeuf du démon
Eric Boisset (Plon jeunesse - 13€)
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Dans une grossière enveloppe, Zacharie reçoit par la poste un objet en forme d’œuf. Un œuf impossible à ouvrir malgré les efforts conjurés de Zacharie et de son ami Farouk. En regardant attentivement cet œuf, les deux amis découvrent une inscription qui semble être en arabe. Inscription que la grand-mère de Farouk, une vieille dame arabe refuse de traduire, car prononcer la formule magique libérerait un « maridin ». Têtu, Zachari va à la mosquée, muni d’un magnétophone, se faire traduire l’inscription. Et c’est là que les ennuis commencent, car la grand-mère de Farouk n’avait pas tort.

Un récit bien mené dans la veine du « Grimoire d’Arkandias », Eric Boisset sait mêler aventure, amitié, un rien de magie pour un roman qui séduira de nombreux lecteurs.

Annie Falzini, libraire

Mao et moi
Jiang Hong Chen (Ecole des loisirs - 24,50€)
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C’est l’histoire d’une enfance particulière ; Chen, le narrateur, y raconte sa vie d’enfant dans une ville de la Chine du Nord, entre les années 1966 et 1976.

 Chen a 6 ans quand il rentre à l’école ; c’est son regard qui nous fait découvrir la vie quotidienne de la famille, installée dans un immeuble triste de cette grande ville. Comment vit cette famille ? De quoi se compose un appartement modeste où parents, enfants et grands-parents cohabitent étroitement ?

Chen a la chance d’avoir d’adorables grands- parents, qui ont de multiples talents. Les jeux qu’il partage avec eux sont simples, et lui apportent beaucoup de bonheur.

La vie de Chen va changer lorsqu’il entre à l’école. C’est là qu’il va découvrir ce qu’on appellera «  la Révolution Culturelle », mise en place par MAO ZE DONG et ses partisans.

L’album devient alors, toujours à travers le regard du petit garçon, un témoignage sur les effets de la Révolution culturelle ( Education des petits « gardes rouges », départ déchirant du père -discrètement évoqué- vers un camp de « rééducation », arrestation brutale d’une voisine musicienne et cultivée qui l’avait souvent reçu chez elle…). Le massacre des poules de la grand-mère, effectué par les gardes rouges, semble surréaliste tellement il est arbitraire et douloureux.

Le ton reste toujours celui d’un témoignage « distancé » ; du moins c’est celui d’un petit garçon qui observe, qui ne juge pas, qui ressent et exprime pudiquement les chagrins provoqués par certains évènements concernant sa famille (gros plans sur les visages d’enfants).

C’est un magnifique album où les images décrivent un monde très rarement évoqué par le regard d’un enfant. L’émotion est présente, mais discrète. Malgré les difficultés rencontrées par la famille de Chen, c’est la richesse des échanges entre adultes et enfants, avant que la famille ne soit « brisée », qui subsiste longuement en nous.

On y voit aussi, évoquée avec humour, la naissance du talent de Chen  (il sera désigné comme « responsable du mur de propagande », parce qu’il dessine bien… avec de pauvres outils.)

  La force évocatrice des images, l’accessibilité du texte, font que cet ouvrage peut être lu par des enfants, des adolescents, mais aussi avec intérêt par des adultes. Il est passionnant.

 MC Vulphie

Noé
Claire Clément ( Bayard jeunesse - 9,90€)
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Lorsque sa mère meurt dans un accident de voiture, Noé, dix ans, ne connaissant pas son père, part vivre sur la péniche de ses grands-parents, mamina et grand-pa.

Ne croyez pas que vous vous embarquez dans un roman qui vous fera pleurer car Noé vous entraîne dans sa nouvelle existence à bord du Nan-Ty, navire transportant des marchandises sur des fleuves  et canaux européens.

Vie rude, vie déroutante où Homère, un canard vivant à bord de la péniche, veille sur lui. Peu à peu Noé devient un vrai marinier grâce à Gran'pa et Freddy, un"voisin" marinier dont il se sent proche...

Jusqu'au jour où une violente tempête va à nouveau bouleverser la vie de Noé.

 Durant 169 pages, abandonnez votre vie de sédentaire et montez avec Noé sur la péniche du Nan-Ty à vos risques et périls.

 Annie Falzini, libraire

 

 

Pablo de la Courneuve
Cécile Roumiguière (Seuil jeunesse - 7,50€)
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"De" peut marquer l’origine.

Pablo vient de Colombie. Là-bas, la peau sentait le soleil et non pas le beignet inachevé.  Là-bas, on pouvait marcher dans des rues qui embaument l'ananas et la mangue. Là-bas, il a fallu marcher une nuit, dans le silence pour ne pas réveiller les bottes jaunes et s'exiler, sans papiers, la famille au grand complet, d'abuelita à la petite Rose, jusqu'à un HLM de la Courneuve.

De peut marquer aussi la cause.

Pablo est blanc de peur à l'idée de devoir récupérer une poupée chez la Goule, sorcière aux ongles bien sûr longs. Sauf qu'une fois cet exploit accompli, de la cause on passe à l'appartenance.

La Goule devient la confidente de Pablo. Confident aussi, Georges, percuté à un carrefour, cycliste adjoint au maire et sans doute membre de RESF. Et Marisol qui échangerait bien un sol contre un e, Marie, confidente et hermania prête, d'un coup de crayon pour les yeux, à raturer ses origines. C'est compter sans son frère. Et puis, il y a...

Pablo de la Courneuve

Pablo, dès qu'il dispose de quelques minutes, marche loin des tours. Il marche comme il marchait dans son pays. Il n'est pas originaire de la Courneuve ni ne lui appartient. Pourtant dans ce "de"-là se déploie tout le chemin parcouru qui fera qu'un jour il lui sera possible de dire qu'il est Courcolombien. Ce "de "-là vaut largement une particule. Pablo DE la Courneuve.

 Béatrice Added, enseignante

Résumés 3ème 2008-2009

Niveau 3ème

Envol pour le paradis

Jean-Marie Defossez (Bayard jeunesse - 10,90€)

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Allemagne 1942, Adolf Hitler règne en maître incontestable. Arthur, un jeune paysan protégé par ses parents, ignore tout du Nazisme… mais un jour il est obligé d’intégrer les jeunesses hitlériennes. Au début, grâce à son ami Heinz, il résiste en faisant juste ce qu’il faut pour ne pas être sanctionné. Mais Heinz, avec sa tignasse charbon est un « sous homme », et un jour il sera emmené. C’est un déchirement pour Arthur et il se promet que jamais il ne deviendra nazi, que jamais il ne méprisera ceux qui sont différents de lui. Mais l’endoctrinement c’est aussi profiter des faiblesses des hommes et le lieutenant « Pleindegaz », lisant les lettres qu’Arthur envoie à ses parents (et qui jamais ne partent), sait que son rêve est de voler, et sa passion les avions. Il va se servir de cette passion pour qu’Arthur accepte de donner le meilleur de lui-même afin de devenir pilote. Peu à peu Arthur en vient à admirer Hitler et à accepter de donner sa vie pour l’Allemagne.

Un roman intéressant car le parcours d’Arthur montre comment l’embrigadement peut changer un être humain et comment tant de jeunes ont accepté le nazisme.

Annie, libraire

Le chant de l'innocent

Irène Cohen-Janca ( Le Rouergue - 11€)

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Paris 1953. Depuis la rentrée, une étrange apparition apparaît à la fenêtre de la chambre de Rémi, il se précipite, monte l’escalier quatre à quatre, mais toujours il trouve la chambre vide. Rémi ne le sait pas encore, mais cette apparition est liée au passé et à l’attitude innommable de ses parents pendant la seconde guerre. C’est en apprenant à connaître les habitants de l’immeuble, et en particulier la vieille dame du 2eme étage qui ne les aime pas (lui a dit Vincent le fils du concierge) que peu à peu il découvrira l’horrible vérité. Pourquoi cette vieille dame a-t-elle toujours cette déchirure à ses vêtements à l’endroit du cœur, pourquoi écoute t-elle toujours le même morceau  de musique ? « Vois-tu, celui qui tous les soirs fait monter ce chant a sûrement l’âme blessée », lui a dit un jour Victor, le frère de sa mère, seul être qui, lorsqu’il quitte sa montagne pour venir quelques jours à Paris, apporte un peu de chaleur, d’humanité à Rémi, étouffé, écoeuré par un père aux mots blessants, méprisants, et une mère effacée.

Pourquoi madame Vaïner n’aime pas ses parents, pourquoi Victor refuse de coucher chez eux lorsqu’il vient à Paris ? Quand il le découvrira Rémi aura l’impression que sa vie s’arrête. Un séjour chez son oncle à la montagne lui permettra de se remettre en marche. Ce roman aborde d’une façon intéressante l’attitude de certains français  pendant la seconde guerre mondiale. Jusqu’à présent nous avions de nombreux romans sur la Shoah, sur la résistance, mais les auteurs avaient peu abordé cette partie sombre de l’histoire.

Annie, libraire

 Chevalier B.

Martine Pouchain (Sarbacane - 9€)

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Barnabé, un jeune paysan qui a arrêté l'école pour travailler à la ferme, vit avec ses parents et grands-parents. En secret, il aime Rosa dont il voudrait être le chevalier servant; pour cela, il exécute des plans héroïques comme de libérer les poulets du hangar d'élevage ou lutter contre les champs de maïs transgénique. Rosa se laissera-t-elle séduire ? Barnabé restera-t-il impuni ? En tout cas, Barnabé ne peut oublier Rosa dont il reste longtemps encore le chevalier servant.

C'est un roman où le héros est un jeune homme ordinaire qui essaie de vivre la vie dont il rêvait. Les deux personnages principaux campent, l'un la vie simple dans le milieu de la nature, l'autre la vie artificielle dans une ville contemporaine.

Sylvie, enseignante

Alors partir?
Julie Billet (Seuil jeunesse - 8€)
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Depuis 6 ans Jaime vit avec les siens entre 2 bretelles d’autoroute. Les plus jeunes enfants n’ont pas connu les voyages, les grands commencent à oublier. Mais dans la communauté gitane chacun est essentiel au groupe et cette tradition est restée. Yaya est la mémoire, Solémo la sagesse. Jaime, lui,  est passionné de littérature, le soir il fait la lecture à Yaya et bientôt il passera son bac. Mais un jour c’est un avis d’expulsion qu’il doit lire. Que faire ? Solémo dit : Il faut partir. Mais c’est par la violence qu’ils seront expulsés et Yaya, comme à son retour des camps, perdra la parole. Avant de mourir c’est à Jaime qu’elle confie le livre des Patrins, le livre de la langue de ses ancêtres, ce sera à lui de perpétrer leur mémoire.

Un texte sensible, bien écrit, pour donner un autre regard sur cette communauté mal connue, souvent chassée, ignorée,et qui elle aussi a souffert de la folie d’Hitler.

Annie, libraire

La grande môme
Jérôme Leroy (Syros - 9€)
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La Grande Môme, 15 ans, est mal dans sa peau et pourrait être le prototype de l’adolescente victime du complexe du homard.

Mais Emilie est surtout une jeune personne exilée de la vie ordinaire qui doit reconstruire un rapport au monde et une identité en retrouvant son nom et sa filiation avec des grands-parents notables de Rouen dont elle découvre l’existence. 

La mère d’Emilie a été impliquée vingt ans plus tôt  dans la mouvance d’Action Rouge. Elle a été recherchée par toutes les polices. L’exil forcé et la cavale ont formé l’enfance d’Emilie qui en avait fait son quotidien. Nathalie, la mère d’Emilie est aujourd’hui emprisonnée et inaccessible dans un quartier de haute sécurité en tant que terroriste !

Plus qu’un policier, c’est un roman noir intimiste qui, par bribes, raconte une vie.

C’est le parcours de sa mère qu’Emilie reconstruit en l’ordonnant en même temps qu’elle le confie à son amoureux.  Nous découvrons ici un joli portrait de fils d’aristocrates ruinés qui avec Emilie va constituer un couple romanesque très attachant. Peu à peu, Nathalie découvre dans le regard des autres, dans le dit et le non-dit, dans les traces d’un passé incertain des images vraies de sa mère et de la réalité d’une génération qui voulait transformer le monde sans hésiter à recourir à la lutte armée. Ce sont ces rencontres sensibles qui confèrent au roman sa force émotionnelle. Le livre propose un portrait plein de compréhension, sans pour autant excuser la violence. Il pose un regard éclairant sur un pan de notre histoire récente.

De nombreux traits d’humour et de distance allègent la tension : le regard que la jeune fille pose sur elle-même et sur les autres, ceux de son âge et les plus âgés : les délégués des élèves, les militants gourds, les grands parents un peu empruntés, la CPE, les profs de gym…

L’auteur s’amuse aussi avec de multiples clins d’œil, citations, emprunts (l’avocat Derville porte le nom d’un avoué balzacien, celui du Colonel Chabert et d’autres romans de la Comédie Humaine). Des références littéraires (Rimbaud, Céline, Flaubert) ouvrent le texte sur la littérature. L’auteur semble emprunter le premier nom de cavale d’Emilie : « Dora Suarez », à un des maîtres du thriller noir, Robin Cooke, avec son roman titre : « J’étais Dora Suarez », roman peuplé de gens brisés qui ne comprennent pas pourquoi ils doivent descendre la pente sans même une plainte.

De même que Flaubert a pu inspirer quelques unes des belles descriptions de Rouen, la quête obstinée du flic psychopathe Duvert a beaucoup à voir avec celle que mène dans Les Misérables l’inspecteur Javert, poursuivant un homme innocent et une enfant en en faisant une affaire personnelle dans laquelle la justice n’est qu’un prétexte. Ici, plus qu’une référence un peu lointaine, on peut lire le parti pris de Jérôme Leroy : traiter d’un fait divers pour donner un état de la société.

Avec un beau talent d'équilibriste, il réussit un roman aussi poignant que tendre et intensément humain. 

Jacques Beaudoin, inspecteur

Le muet du roi Salomon
Pierre-Marie Beaude (Gallimard - 8,50€)
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Gol, un jeune Nubien muet décide de se rendre à la cour du roi Salomon à Jérusalem. Il a entendu dire que celui-ci pourrait le guérir de son infirmité. Mais le roi Salomon est de mauvaise humeur et agacé parce qu’il ne parle pas. Il le fait jeter en prison avant de le vendre comme esclave. Gol réussit à fuir, il vit un temps dans une faille qu’il quitte pour parcourir le désert avant de s’arrêter dans une oasis. Dans cette oasis, il rencontre une jeune femme Cippora. Ils vont peu à peu s’apprivoiser et auront un fils Malik. Le roi Salomon s’est aperçu de son injustice et fait rechercher Gol. Des caravaniers s’arrêtent à l’oasis et les ramènent au roi Salomon où une autre vie va s’organiser pour eux. Gol va se transformer en scribe ainsi que son fils. Quant à Cippora, elle n’aime pas la vie qu’elle mène au palais ; elle sait que les merveilleux moments de l’oasis sont bien terminés. Gol, au fur et à mesure que le roi vieillit, est jalousé. Il décide de quitter le palais. Il n’en aura pas le temps :le lendemain, il est empoisonné. Sa femme le ramène dans son pays d’origine l’Egypte avec l’aide de la reine.

Réédition d’un texte paru en 1989 réécrit par l’auteur. Très beau roman, très poétique, avec une portée philosophique, une réflexion sur la liberté, la tolérance. De très belles scènes dans le désert ou autres lieux. C’est raconté par le fils Malik.

Anne-Marie, bibliothécaire

La grève
Murielle Szac (Seuil - 8,50€)
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De l'avis même de l'auteur, ce livre raconte les valeurs du partage, de la solidarité, de la fierté du travail bien fait et de la révolte contre les injustices.

Le récit est écrit à travers les yeux de Mélodie,qui a 13 ans. Sa mère travaille dans une usine qui va fermer et être délocalisée. Les ouvrières dont sa mère occupent l'usine et Mélodie découvre des femmes fières de leur travail. Elle renoue aussi avec ce père qu'elle croyait lâche et alcoolique. Ces moments de solidarité qu'elle partage avec les adultes lui permettent de retrouver ses parents.

Une histoire d'amour donne une tonalité plus légère.

Thèmes : délocalisation, chômage, grève, solidarité, crise d'adolescence, amour.

Sylvie Tombrey, enseignante