21 juillet 2009
Horaires d'été !
En juillet et en août, nous vous accueillons :
du mardi au samedi
de 10 h à 13 h
et de 14 h à 19 h
L'oiseau lire ferme son nid du 14 au 17 août...
Découvrez dès maintenant et au fil des jours, au détour d'une excursion réelle ou virtuelle
nos derniers coups de coeur...
A très bientôt !
18:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Coups de coeur
L'histoire de Clara
Vincent Cuvellier - illustrations de Charles Dutertre
Gallimard-Jeunesse Giboulées, 13,50 €

Un très beau texte illustré. Chaque chapitre est la voix d'un personnage ayant rencontré Clara. D'abord il y a la mère maternant. Elle parle à Clara et à travers ses paroles nous devinons une famille juive cachée dont Clara est le bébé, la dernière des quatre enfants. Aujourd'hui ils vont sortir, aller au parc, leur dernière journée de liberté. Lorsqu'ils rentrent, la police française est là. Le bruit, les cris, Clara est posée dans l'ascenseur, et laissée quand les policiers emmènent la famille. Puis il y a la vieille, qui trouve Clara dans l'ascenseur, puis sœur Marie Louise, puis le cousin Georges, puis le « boche » qui ne fait pas la guerre aux enfants, même juifs. Et puis il y a le chapitre de la sorcière, celui de Simon, caché dans la grange de Paulette...Tous vont essayer de sauver Clara, de lui apporter un peu de tendresse, d'amour, parfois quelques jours, un mois, deux mois, parfois plus. Et puis il y a la libération et la maison des enfants...Et dans la maison des enfants arrive Rachel. Elle revient des camps. Elle ne peut plus pleurer, à peine parler, mais elle chante à Clara la chanson que lui chantait sa maman quand elle était petite. Quand elles étaient petites.
Un livre tendre, émouvant, sans misérabilisme. A travers le destin de Clara nous découvrons, dans la France, où régnait parfois la dénonciation, le chacun pour soi, le survivre avant tout, qu'un bébé peut attendrir et faire que des êtres très différents, peuvent tout faire pour le sauver, lui apporter un peu de tendresse, un peu d'amour. Les illustrations de Charles Dutertre accompagnent le texte en y apportant une note de fraicheur.
Annie Falzini
12:45 Publié dans dernières lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Poésie
Dans la tête à Topor : des comptines encore et encore
Roland Topor, illustrations Les Chats pelés
Rue du monde, Oh ! les comptines, 14 €

Quel plaisir que ces comptines de Roland Topor. Un recueil pour sourire, pour jouer avec les mots. Tout petit on se délecte des jeux de mots, du plaisir des rimes qui chantent à l'oreille des enfants. Plus grand, on aime le côté irrévérencieux des comptines-poèmes illustrées avec brio par les Chats pelés, collectif de graphistes dont un des membres est le chanteur des Têtes Raides. Visiblement eux aussi se sont régalés avec ces comptines. Ils se les sont appropriées de telle façon que la mise en page et les illustrations jouent avec les mots et en soulignent la drôlerie et l'insolence. Un régal !!!
Annie Falzini
Maman nous a dit comment
faire des petits. On prend un
chou-fleur on étale du beurre
et puis tout de suite on le
met dans la marmite une
heure de cuisson c'est un
petit garçon avec de la vanille c'est une
petite fille
12:40 Publié dans dernières lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Un chien en vacances...
Qui a volé mon chien ?
Roselyne Bertin, Rageot, Heure noire, 7,10 €

Le roman commence par une course haletante. Un gamin, Arthur, est poursuivi par deux hommes. Il fuit, il court, et ... Il tombe dans une fosse, se brise le pied et essaie de se faire tout petit pour que les deux hommes qui le poursuivent ne le trouvent pas.
Et retour en arrière... Arthur rentre chez lui et Zoé, sa chienne labrador qui habituellement guète son retour est absente. Inquiet, il la cherche, persuadé qu'elle ne s'est pas sauvée, le grillage est trop haut. Elle a sûrement été volée... Les vacances arrivent, il les met à profit pour parcourir le pays à vélo, avec ses deux amis, Antoine et Thomas, mais pas trace de Zoé... Antoine et Thomas, surfent sur Internet et découvrent un site qui vend des chiens de race. Arthur pense y reconnaître Zoé. Un récit palpitant, bien mené, qui séduira les jeunes lecteurs aimant les enquêtes et les... chiens.
Annie Falzini
12:28 Publié dans dernières lectures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Thomas Lavachery, alchimiste
2 pouces et demi
Thomas Lavachery, Bayard Jeunesse, 9,90 €

XVIII eme siècle, Emmanuel Durif est un portraitiste reconnu mais laid. Il ne veut imposer sa laideur à aucune femme, pourtant il rêve d'un enfant.
Erudit, grand lecteur, il sait que les alchimistes ont su créer la vie. Il achète à prix d'or de vieux grimoires, installe un laboratoire dans sa cave et réussit à créer des « Ombres », mais celles-ci se comportent d'avantage comme des animaux de compagnie que comme des êtres humains, ce n'est pas ce qu'il cherche. C'est un homuncule qu'il veut créer, il s'en sait incapable, mais le renoncement n'est pas dans son caractère. En Italie vit Guido Spaziano, le dernier des grands alchimistes, c'est vers lui que se tourne Emmanuel. De leurs efforts, de leur amitié naîtra : Gilles, un homuncule de 2 pouces et demi. Celui-ci se révèle d'abord un insupportable gamin, jouant des tours pendables à ses créateurs. Et puis subitement il s'assagit, se prend de passion pour la lecture et se montre d'une intelligence remarquable. Puis Emmanuel rentre avec Gilles à Bruxelles où il reprend son métier prenant bien garde de dissimuler la présence de Gilles à ses côtés. Avant de s'éteindre il lui aménagera un appartement dont la présence est insoupçonnable. A sa mort Gilles reste seul avec ses sœurs : les Ombres. Au fil des années la maison passe de mains en mains sans que ses habitants ne décèlent leur présence. Gilles vit très mal sa solitude et, souvent, il maudit son père, qui égoïstement n'a pas songé à lui créer un compagnon. C'est un combat contre des frelons géants qui va lui redonner le goût de vivre.
Thomas Lavachery a su se détacher (comme dans Bjorn le morphir) de tous ses romans fantastiques qui se ressemblent, il faut bien le dire, tous un peu, pour nous livrer un roman qui parle des alchimistes et de la création de la vie. Gilles, un être de 2 pouce et demi, surdoué, mais si proche de nous qui, je l'espère, touchera ses lecteurs.
Annie Falzini
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18 juillet 2009
Sélection des Croqueurs de Livres 2010
Petite section
Dans les basquettes de Babakar Quichon
Anaïs Vaugelade, Ecole des Loisirs, 8,50 €

Dans la famille Quichon, il y a : Papa Quichon, Maman Quichon, Cléo Quichon, Baboussia Quichon, Buster Quichon, et beaucoup d'autres petits cochons. Mais il y a aussi surtout Babakar Quichon.
Babakar Quichon a des basquettes. Des basquettes « qui courent vite », tellement vite que lorsque Babakar fait la course avec toute sa famille, il les dépasse tous, mais aussi la lumière, le son , l'espace et le temps ! Quelle joie de retrouver à nouveau la famille Quichon ! Parmi les soixante treize petits cochons, Babakar et ses basquettes rouges nous entraîne dans une course supersonique, illlustrée avec l'habituel humour tendre d'Anaïs Vaugelade. Elsa, librairie l'Oiseau lire
Elmouth : il n'aime pas, il préfère
Séverin Millet, Actes Sud Junior, 13,50 €

Un nez de Pinocchio, deux oreilles de lapin, deux grands yeux ronds et vert des pieds à la tête, Elmouth est un personnage vif et attachant. Surtout, il sait ce qu'il aime par-dessus tout ! Parler aux plantes plutôt que passer la tondeuse, prendre des risques au lieu d'être chouchouté... Album coloré et dessins pop, chaque double page nous offre une nouvelle occasion de partager avec Elmouth cette question qui peut nous emmener loin dans la construction d'une petite personnalité : et moi alors, qu'est-ce que je préfère ?? Laure Devisme, librairie l'Oiseau lire
J'ai grandi ici
Anne Crausaz, MeMo, 14 €

Jeune artiste au talent indéniable, Anne Crausaz nous avait déjà conquis avec les lignes épurées de son premier album Raymond rêve. J'ai grandi ici est une très belle histoire, celle d'une petite graine tombée là par hasard. Fragile, elle résiste pourtant à l'adversité. La rudesse de l'hiver, les inondations, les attaques des insectes et des hommes, celles de Raymond (l'escargot revient et il est affamé !), rien n'y fait... La petite graine continue de grandir et de s'épanouir jusqu'à devenir un magnifique arbre fruitier, un pommier qui donnera, lui aussi, un jour, des graines à replanter. Ainsi le cycle de la vie peut-il recommencer... Graphique et poétique, J'ai grandi ici est un album d'une grande sensibilité qui nous parle du temps qui passe et du perpétuel renouvellement de la vie. À découvrir et à offrir absolument aux petits comme aux grands. Céline Guilbaud, librairie Lune et l'Autre
Il était plusieurs fois une forêt
Elisa Gehin, Thierry Magnier, 13 €

Il était une fois un arbre. Dans cet arbre vivaient un oiseau et une couronne.
Mais même quand on a une couronne, ne régner que sur un arbre et ses feuilles ça ne mène pas bien loin !
Alors l'oiseau quitte sa couronne et part à l'aventure.
Il découvre une forêt, des oiseaux à couronne, d'autres forêts et d'autres oiseaux, avec chapeau mais sans couronne... Notre oiseau s'en va et vient mais ne trouve jamais sa place, tour à tour rejeté à cause de sa différence ou ignoré quand il se noie dans la masse.
Le texte et les illustrations d'Elisa Géhin frappent par leur simplicité et leur efficacité : preuve qu'avec peu de couleurs et de mots, il est possible de transmettre aux plus petits une belle histoire de différence et de tolérance. Elsa, librairie l'Oiseau lire
La chèvre biscornue
Christine Kiffer, illustrations Ronan Badel, Didier Jeunesse, 11 €

Lapin est particulièrement pressé de rejoindre son terrier douillet au cœur de la forêt pour aller se coucher ! Devant l'entrée, un bruit étrange et deux gros yeux rouges le surprennent : une méchante bête a pris sa place, la terrible Chèvre Biscornue !! Beaucoup trop effrayant pour lui... Il fait appel à son voisin Coq, finalement trop peureux, tout comme Renard, et même Ours, pourtant le plus costaud, ne fait pas le malin. C'est alors qu'Abeille, minuscule mais intrépide, super BZZZ, pique les fesses de Biscornue qui finit par fuir à toutes cornes, couverte de douloureux boutons. Lapin n'a plus du tout sommeil et invite tous ses amis à manger et à passer une belle soirée dans son terrier. L'entraide, l'amitié, la peur et le courage des plus petits sont autant de thèmes abordés dans ce conte randonnée très drôle à raconter. Laure Devisme, librairie l'Oiseau lire
10:47 Publié dans croqueurs de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Croqueurs de Livres
Grande section / CP / CE1
Comme mon père me l'a appris
Rascal, Pastel, 10 €

Trop, c'est trop ? (pour les grandes sections)
Martine Perrin, Milan Jeunesse, 14 €
Les albums de Martine Perrin, caractérisés par des découpes et de larges aplats de couleurs vives s'enrichissent dans ce nouvel album de pages de calque. A travers ce jeu de découpes et de transparence, nous suivons un loup, qui cherche, ...qui cherche...un ami.
Mais le hérisson est trop piquant, le lapin trop endormi, le castor trop occupé...par contre la chienne blanche, elle, est tout à fait à son goût.
« C'est l'histoire d'une belle rencontre »
Malheureusement cette belle amie a un maître : le chasseur. Et quand il la rappelle à lui, le loup s'enfuit, croisant dans sa course tous les autres animaux.
« C'est la fin de l'histoire.
Pas si sûr... »
Que peut-il se passer lorsque la chienne fuit son maître ?
« Il n'est jamais trop tard. »
Elsa librairie l'Oiseau lire
Les quatre loups
Alain Gaussel, illustrations Caroline Dall'ava, Syros Jeunesse, 10,50 €

Ce conte était paru en 2002 dans un recueil d'Alain Gaussel, et, si je me souviens bien, le recueil mentionnait que les enfants réclamaient toujours cette histoire-là au conteur. Dans cette histoire, il y a donc quatre grands loups gris, celui du matin, celui du midi, celui du soir et celui de la nuit. Et que font les petits garçons qui rencontrent des loups gris ? Certains n'ont pas peur du tout, et leur proposent même des bonbons. Oui, mais même au loup de la nuit, de la nuit noire, qui n'a rien mangé du tout et qui s'avance en faisant GRRR GRRR ?
Après la Femme dorade, le Petit Rat, le Taël d'argent et Diabou Ndao, Syros continue de publier en albums à petit prix des contes issus de recueils aujourd'hui épuisés. La langue d'Alain Gaussel est savoureuse. Le principe du conte de randonnée (où les situations s'enchaînent et se ressemblent jusqu'au dernier personnage qui vient troubler l'histoire) reste très malin pour « les petites oreilles », dès trois ans. Quant aux images, Caroline Dall'Ava (qui avait illustré Poucette, dans une autre collection de contes que l'on apprécie, chez Tourbillon) a trouvé ici des couleurs magnifiques (les jaunes, rouges, oranges des paysages face aux gris des loups). Madeline Roth, librairie L'Eau Vive
Le vieux qui avait un grain dans la tête (pour les CE1)
Dorothée Piatek, Oliv', illustrations Julien Tixier, Petit à Petit, 13,90 €

Au bord d'un canal, vivant de bric et de broc, un vieux s'est installé dans une maison-cabane. Il ne dérange personne, mais tout cela n'est pas tout à fait « normal », ni propre, ni « bien ». Ce vieux-là a forcément un grain dans la tête. Taciturne, son rythme décrit geste par geste semble différent de celui des autres, plus lent, contemplatif, attentif. Sous l'averse des « on-dit », il monte sur la place du village un chapiteau, son « petit cirque à musique ». Intrigués, les enfants sont invités à l'intérieur pour créer des instruments de musique faits... de bric et de broc. Place à l'imagination pour un fabuleux moment de partage, un petit éclair d'humanité. Le lendemain, le vieux au regard plein de tendresse a disparu à jamais, mais son souvenir subsiste.
Petit à petit, maison d'édition haut-normande, nous offre un album tout en hauteur pour plonger dans un conte social touchant aux tonalités sombres de rouges, bleus et noirs, nous interrogeant subtilement sur la marginalité. Gardons l'œil ouvert sur l'essentiel ! Laure Devisme, librairie l'Oiseau lire
La galette et la Grande Ourse
Anne Herbauts, Casterman, 12,50 €

Oh ! un petit monde sans soucis ! Voici Tialouli le merle, Quenouille le crapaud et leurs amis Anton, Domino et Carabistouille, mi-bestioles mi-objets. Ici, quand la nuit tombe, doucement, tout s'apaise et chacun se prépare au sommeil. Mais, ce soir, on ne distingue de la lune qu'un cil fin, et dans l'obscurité on ne voit rien ! Nos amis tiennent alors conseil. Qui est donc ce croqueur de lune ? En scrutant le ciel étoilé, ils découvrent la Grande Ourse, qui se pourlèche encore les babines. Ingénieux, les amis vont rapidement rétablir l'ordre des choses, et le ciel n'aura jamais été aussi splendide. Voici donc une jolie histoire toute simple, où Anne Herbauts propose une présence à la vie et au monde tout en douceur. Beaucoup d'innocence, dans ce petit album teinté d'une très belle couleur bleutée, où le texte est là comme une poésie. L'auteur dédie cet album au hibou Hulul, le célèbre personnage d'Arnold Lobel, chez qui on retrouve ce même regard naïf et rafraîchissant sur la vie et ses petits bonheurs. Séverine Gadier, librairie Jean-Jacques Rousseau
L'épouvantail
Alice Brière-Haquet, illustrations Lydie Sabourin, Points de suspension, 12 €

Un début comme une charade. Récit d'un cycle naturel, histoire d'une naissance et d'une vie, d'une métamorphose, celle de l'épouvantail. « Quel drôle de métier » : en effet, pas facile l'immobilisme quand la nature s'active autour de vous. Imperméable aux sentiments, ce bonhomme de blé, figé, évoque sans poids la maladie, la douleur, les angoisses. Un beau jour, le mouvement l'enivre et l'emporte. Brin par brin, il reprend le chemin des grands espaces et devient nid, refuge de ces oiseaux colorés à qui il doit ses plus beaux voyages.
Premier album tendre et poétique pour un duo qui s'accorde à merveille. Le texte concentré d'Alice Brière-Haquet sonne comme un poème et laisse la place à une histoire profonde, ouverte, délicatement dessinée par Lydie Sabourin. Magnifique ! Laure Devisme, librairie l'Oiseau lire
Titi à Paris
Grégoire Solotareff, Ecole des Loisirs, 13,50 €

Titi à Paris, le dernier album de Grégoire Solotareff est un de nos derniers coups de cœur. On y retrouve tout le talent de Grégoire Solotareff. De grands aplats de couleur pour nous conter une histoire très actuelle. Titi, souris de la campagne décide d'aller à Paris, la ville lumière. Mais les premiers émerveillements passés, la réalité s'impose : comment se nourrir dans cette ville froide et finalement inhospitalière ? Titi finit par tomber dans un jardin où de nombreux souriceaux abandonnés par leurs parents meurent de faim. Mais heureusement... dans un jardin, il y des moucherons, des scarabées, des vers de terre et Titi pourra nourrir tous les souriceaux. Annie Falzini
Le taureau bleu
Coline Promeyrat, illustrations Martine Bourre, Didier Jeunesse, 12,50 €

Ysole est une jeune bretonne maltraitée par sa belle mère, qui l'accable de corvées et l'affame. La jeune fille trouve refuge dans l'étable auprès d'un bienveillant et généreux taureau bleu. « Regarde dans mon oreille, Ysole, il y a quelque chose pour toi ! » Découvrant ce secret, la marâtre ordonne de tuer le taureau. Ysole et le taureau bleu s'enfuient et traversent successivement trois merveilleuses forêts où les arbres ont des feuilles de cuivre, d'argent et d'or, qu'il ne faut surtout pas toucher !
Ce conte populaire du Morbihan est retranscrit par Coline Promeyrat (Le bateau de Mr Zouglouglou, Les 3 petits pourceaux) et illustré par Martine Bourre en bleus et ors, tout en courbes réconfortantes et tourbillonnantes dès que la fuite s'amorce. Laure Devisme, librairie l'Oiseau lire
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Croqueurs CE2
CE2
Ibou Min' et les tortues de Bolilanga
Franck Prévost, illustrations Delphine Jacquot, Thierry Magnier, 15 €

Comment sensibiliser les enfants à la survie de la faune ? En leur racontant de belles histoires, bien sûr !
Il était une fois, il y a bien longtemps, Min', une jeune femme qui vivait sur l'île de Bolilanga en Indonésie. Min' était aimée de tous les villageois car elle veillait sur leurs enfants. On la surnommait à ce titre Ibou Min', ce qui signifiait mère Min'. Elle avait épousé un pêcheur de tortues. C'était un temps où la pêche à la tortue n'était pas interdite, et bien avant que les insulaires de Bolilanga ne vénèrent et ne protègent l'animal. Un jour, Min' partit à la pêche en compagnie de son fils. Elle ne revint pas, et fit l'objet d'une belle légende qui la fait prendre la forme d'une magnifique tortue.
Franck Prévot a recueilli cette légende lors d'un séjour en Indonésie. Il publie en parallèle un roman chez Thierry Magnier intitulé Les Tortues de Bolilanga, inspiré de l'histoire d'Ibou Min'. L'auteur, à l'image des personnages du roman, a lutté aux côtés des habitants de l'île contre un complexe touristique dévastateur pour l'environnement. En vain... De cette aventure cependant est né ce très bel album-hommage, servi admirablement par le magnifique travail d'illustration de Delphine Jacquot, qui sensibilisera à coup sûr de futurs défenseurs de notre patrimoine naturel. Carole Aillaud, Le Rivage des Livres
L'oiseau de Mona
Sandra Poirot-Chérif, Rue du Monde, 13,50 €

Laval, 27 août 2008 : malgré une forte mobilisation en faveur de la famille kurde lavalloise, Mme Kocamer et ses deux enfants ont été reconduits en Turquie après avoir passé quatorze jours dans un centre de détention à Rouen. Pour ne pas oublier que cette expulsion est inhumaine et qu'il y en a tous les jours en France ; pour expliquer à vos enfants pourquoi certains de leurs camarades de classe disparaissent et ne reviennent pas ; pour soutenir l'action du réseau Education Sans Frontière, nous vous proposons de découvrir cet album.
Mona a huit ans. Comme les autres elle va à l'école, a des amis, trouve la vie belle mais au dessus d'elle un oiseau la suit partout, tout le temps. Cet oiseau est celui de la peur et de l'angoisse, celui dont elle a hérité en arrivant en France à l'âge de trois ans pour échapper à la guerre, et qui rode au-dessus de tous ceux qui, comme elle, ont espéré trouver une terre d'asile sans y être au préalable invités.
L'illustration et le texte hauts en couleurs de Sandra Poirot Chérif permettent d'aborder ce sujet d'actualité avec sensibilité et simplicité à travers la lucidité enfantine de Mona qui raconte son quotidien de petite fille sans papiers. Claire Lefeuvre, librairie M'lire
Patron et employé
Gianni Rodari, Didier Jeunesse, 14 €

On a découvert Clotilde Perrin à travers son superbe album sans paroles Le colis rouge, chez Rue du Monde. On est vite tombés sous le charme de ses illustrations, de son univers coloré, de son trait simple en apparence mais qui dévoile une démarche artistique à multiples niveaux, assez codifiée mais ouverte au plus grand nombre, et d'un travail à l'exigence folle :). Cette fois-ci, Clotilde a accompli un boulot incroyable, et nous dévoile un nouvel univers, fait de volumes et de papiers découpés. Et c'est franchement superbe !
« - Rétro, mon beau rétro, dis moi qui a la plus belle auto ? »
C'est suite à la réponse de cette question fondamentale que Monsieur Mambretti, le patron de la plus fameuse fabrique d'accessoires pour tire-bouchons, décide de savoir un peu ce qu'il en est. Parce qu'il comprend pas trop comment ça se fait ! Lui qui possède une auto de douze mètres de long, la plus luxueuse, la plus grande de toute la région ne peut pas rivaliser avec la petite auto rouge de Monsieur Jean, le secrétaire-comptable. Pour remédier à cela, Monsieur Mambretti va recourir à divers subterfuges et usera de tous les moyens dont il dispose pour éradiquer cette fâcheuse situation.
Le texte de Gianni Rodari, vraiment savoureux, est tiré de Nouvelles à la machine, paru en 2001 chez La Joie de lire. Une version bien évidemment revisitée de Blanche neige, où les 7 nains se sont transformés en Monsieur Septmains, le mécano au grand cœur de la ville... une manière de montrer que c'est pas parce qu'on a la bagnole la plus tape à l'œil qu'on est forcément le plus beau du quartier (ça va de soit vous me direz !) Un bien chouette album, dont on savoure allègrement les grandes planches avec un plaisir sans cesse renouvelé... Jean Pichinoty, librairie La Soupe de l'Espace
Vérité, vérité chérie
Valérie Zenatti, Ecole des Loisirs, 8 €

C'est l'histoire d'une petite louve adorable, Camille, douée en tout. En classe, elle est première, capable d'avoir 30 sur 20 et à chat perché, elle gagne tout le temps. Ses parents sont très fiers et ses professeurs pensent qu'elle ira loin. Mais, un jour, son professeur de chasse donne un devoir qui va bouleverser sa vie : « Je fais le portrait de mon grand-père ». Or Camille n'a pas de grand-père, son père n'a pas connu le sien et celui de sa mère, on n'en parle pas. Alors, elle questionne, et comme on élude ses questions, le soir du grand rassemblement de la pleine lune auquel assistent ses parents, elle fouille dans leurs affaires et découvre de vieux journaux. On y parle de son grand-père : « l'assassin, le meurtrier de sang froid » du petit chaperon rouge. Choquée, elle se met à courir dans la forêt où elle fait d'étranges rencontres.
Un vrai bonheur de lecture ce petit roman. Camille, la petite louve est attachante. Valérie Zénatti aborde les secrets de famille, la rédemption d'un coupable après avoir purgé sa peine, tout cela dans un petit roman plein de bonne humeur qu'accompagnent avec tendresse et humour les illustrations d'Audrey Poussier. Annie Falzini
Aagun
Thierry Dedieu, Seuil Jeunesse, 15 €

Un petit village mongol vit dans la terreur de ses voisins, les Hounks. Chaque jour ces derniers déferlent sur le village pillant et saccageant tout sur leur passage. Révoltés mais impuissants, les villageois demandent de l'aide au seigneur Batoor qui leur envoie son fidèle lieutenant: Aagun.
Aagun, grand chasseur, est réputé pour être brave et juste. Il s'installe à la lisière du village et se met à l'ouvrage, mais ses techniques déroutent les villageois : il les oblige à venir à tour de rôle l'accompagner à la chasse, tout cela afin de nourrir les pillards, qui n'ont plus qu'à venir réclamer leur dû chaque jour. Les villageois sombrent dans l'incompréhension la plus totale et la révolte gronde. Jusqu'au jour où Aagun les abandonne.
Un texte simple et fort, délivrant une belle leçon de sagesse, mais qui est surtout accompagné de poignantes illustrations. Thierry Dedieu rend ici un bel hommage à Fabienne Verdier et à son « unique trait de pinceau ». Le style minimaliste emprunté à la calligraphie chinoise joue avec l'opposition forte du plein et du vide, du blanc et du noir et, dans le même temps, Dedieu apporte la délicatesse et la subtilité des petits personnages esquissés au pinceau fin. On ressent les émotions des villageois, aussi bien que la présence imposante des paysages majestueux.
Thierry Dedieu passe d'un style à un autre sans effort et nous étonne toujours. Cet album est une réussite, non seulement par l'histoire mais également grâce à sa présentation : la couverture est magnifique, le livre est agréable à manipuler, même la page de garde est soignée. Avec Aagun, Dedieu nous offre plus qu'un simple album : un petit bijou dans un bien bel écrin. Elsa, librairie l'Oiseau lire
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26 juin 2009
remise des prix Croqueurs
Mercredi dernier a eu lieu la remise des prix des Croqueurs de livres.
De nombreux élèves étaient présents en compagnie de leurs professeurs, et ont présenté les travaux qu'ils avaient réalisé autours des albums de la sélection:
La provision de bisous de Zou




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11 juin 2009
remise des prix Dévoreurs

Hier s’est déroulée la remise des prix des Dévoreurs de livres.
Les enfants étaient impatients de découvrir qui étaient les lauréats, et le suspense a été conservé jusqu’au bout.
Le matin les représentants des classes de CM- 6e ont enfin eu les résultats et rencontré le lauréat : Eric Boisset. Habitué des remises de prix (il venait pour la 3e fois), il a été récompensé pour L’œuf du Démon.
Ils ont également pu poser toutes leurs questions à Claire Mazard.
L’après-midi, les représentants des classes de 5e 4e et 3e ont pu rencontrer Jean-Marie Défossez, récompensé pour Envol pour le paradis (catégorie 3e).
Etaient également présentes Catherine Missonnier et Muriel Bloch (qui n’avait pas eu l’occasion d’aller dans les classes)
Florence Cadier (absente) a été récompensée pour Le rêve de Sam, dans la catégorie 5e – 4e.





Critique pour le prix des Dévoreurs de livres
Classe de 4ème C du collège Cervantes
Le rêve de Sam
Avec son titre peu accrocheur et peu révélateur, ce livre n’avait pas de quoi gagner notre cœur. Pourtant, l’objet s’est vite imposé : la couverture et son illustration intrigante ainsi que la quatrième de couverture ont vite fait de nous interpeller. En toute honnêteté, la lecture du résumé donne envie de lire ce roman écrit par Florence Cadier.
Et le contenu ne déçoit pas. L’histoire ne manque pas d’intérêt, surtout pour un jeune adolescent français, à qui l’on n’apprend pas nécessairement, en cours, l’histoire de Martin Luther King. Ce livre est comme un long chapitre d’Histoire, sauf qu’en voyageant avec Sam, le héros, on ne s’ennuie pas. Ce jeune garçon afro-américain ne rêve que d’une chose : l’égalité dans le monde.
Certes, Sam n’est qu’un personnage de fiction mais des millions de Noirs américains ont vécu la même histoire. Et, ce roman, en nous retraçant les passages de la lutte non violente de Martin Luther King, nous montre à quel point le racisme est cruel et injuste.
C’est pourquoi, si vous cherchez à vivre de grands moments d’émotions et d’aventures, à mi-chemin entre la réalité et la fiction, nous vous le disons haut et fort : lisez ce livre !
Critique pour le prix des Dévoreurs de livres
Classe de 3e Lilas Collège Immaculée Conception
Professeur : S. Lemonnier
Envol pour le paradis
Jamais nous n’aurions pensé nous identifier un jour à un héros faisant partie des Jeunesses Hitlériennes. C’est pourtant ce qui s’est passé à la lecture d’Envol pour le paradis.
Il faut préciser que rien ne prédispose Arthur, le héros de ce roman passionnant, à devenir lui même nazi… Fils d’un fermier du côté de Stuttgart, bien protégé, -peut être trop- par ses parents, il ignore tout du nazisme. Mais dès le prologue, il a soudain l’impression que le maître de l’Allemagne pose les yeux sur lui et sent que « l’ombre de la peur entre dans son esprit ». Elle ne le quittera plus.
Quand Arthur est intégré de force dans un camp de la JH, le lecteur se rebelle avec lui contre ce système qui l’arrache à tous ceux qu’il aime. Les théories qui font des Aryens la seule race digne de vivre ne sont pour le héros que des âneries. Et c’est naturellement qu’Arthur se lie avec Heinz, ce jeune slave, un peu trop brun, un peu trop clown, un peu trop désobéissant. Le système nazi broiera cette amitié : Heinz, devant le contre exemple des théories racistes quand ses performances dépasseront celles des Aryens, disparaîtra dans l’un des camps où le Reich envoyait ceux qui le dérangeaient.
Comment ne pas s’identifier à un héros fidèle à son amour ? Dora est celle à qui Arthur reste fidèle. Séparés, ils ne s’oublient pas. Si le hasard de la vie, -ou celui de l’écriture-, les fait se croiser à nouveau, leur relation faite de distance, d’absence, et de brèves entrevues lors des fêtes reste magique. Les quelques pâquerettes et trèfles offerts par Dora et l’initiale du prénom de la jeune fille sur un morceau de tôle, fragiles témoignages de leur attachement, seront d’ailleurs les seuls vestiges de cette histoire tragique.
Arthur est d’abord un héros mené par son désir de piloter un avion. Ce rêve universel de voler, désir d’enfance de « chevaucher le vent » perd son innocence quand il est détourné par le Reich. Il conduira Arthur à des sacrifices bien lourds : s’éloigner de ses parents, de Dora, de Heinz, s’imprégner de doctrine nazie, se soumettre aveuglément aux ordres d’Hitler : « Vivre loyalement, combattre avec bravoure et mourir avec le sourire ! ». Car c’est bien à la mort que conduit ce rêve de piloter. Entraîné sommairement à décoller, Arthur sera envoyé comme kamikaze pour faire exploser en plein vol les bombardiers B17 de l’armée américaine. Coincé dans son cockpit, il mourra en découvrant « le paradis », l’océan des nuages vus d’avion. Le lecteur qui a compris le piège depuis longtemps assiste impuissant à la mort acceptable d’un alter ego.
Envol pour le paradis est un livre qui a su nous interpeller. Inspiré de faits réels, il nous a appris à nuancer notre jugement sur ceux qui ont appartenu à ces Jeunesses Hitlériennes de triste mémoire !








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