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  • Inuk par Martine Bourre

    inuk est amoureux.jpgInuk est amoureux

    Carl Norac, illustrations Martine Bourre

    Pastel, 12,50 €

    Inuk est amoureux : dans le froid de la banquise, il le dit à tous, bêtes et gens. Mais ses amis s'esclaffent, ils trouvent que Lucy, son amoureuse, est une fille affreuse. Ils l'appellent « Bec de lièvre ». Pourtant, avec ces lèvres-là, les mots qu'elle envoie dans l'air sont les plus doux du monde. Inuk est heureux de cet amour, mais Lucy est triste, très triste. Alors Inuk a une idée. Dans des pierres à savon, il sculpte son amoureuse. Il y met tant de passion que les gens son troublés et leur regard sur Lucy change. Les sculptures révèlent sa beauté, ses bras volants, son sourire, son regard. Plus personne ne se moque. Inuk et Lucy peuvent s'aimer, se réchauffer, avoir des enfants, beaucoup d'enfants.

    Cet album est un bel hommage à Johnny Inukpuk, sculpteur Inuit qui sculpta des femmes à la bouche en bec de lièvre, des femmes, qui, comme dans cet album, sont un hommage à la beauté féminine, pas celle que l'on voit au premier regard, mais celle plus profonde que l'on découvre peu à peu. Les personnages ont une vie extraordinaire et l'on perçoit le bonheur d'Inuk, les moqueries, la tendresse à travers les aquarelles de Martine Bourre qui accompagnent merveilleusement le texte.

    Annie Falzini

  • Folio Cadet Premières lectures = on n'est pas contents !!

    • Il était une fois un garçon qui vivait de ce côté-ci des montagnes. Il s'appelait Louis.

    De l'autre côté des montagnes, un loup menait une vie de luxe incroyable. Son nom à lui, personne ne le connaissait. Le loup était très bon chic, bon genre. (Pour un loup, bien sûr).

    Parfois il enfilait son habit...

     

    • Il était une fois un garçon qui vivait de ce côté-ci des montagnes. Il s'appelait Louis.

    De l'autre côté des montagnes vivait un loup. Personne ne savait comment il s'appelait. Le loup était très chic (pour un loup, bien sûr).

    Parfois il enfilait son habit....

     

    Prenez la peine de relire ces deux petits textes, de les redire à voix haute et dites-moi lequel vous préférez. Pour moi il n'y a aucun doute, le premier nous fait goûter la saveur de la langue, le second énonce simplement les faits, sans saveur, sans « rêve »

    Le premier texte est le début du classique et savoureux album de Tony Ross : Le garçon qui criait : « Au loup ». En folio benjamin, c'était une histoire sympathique comme de nombreux titres de cette collection. Les adultes pouvaient les lire à leurs enfants et surtout, pour les lecteurs débutants, la mise en page, les illustrations et les textes « riches » faisaient que nous aimions conseiller les titres de cette collection Folio Benjamin.

    le garcon qui criait au loup ae.jpg

    Mais la deuxième version, plate, triste et insipide est la version que désormais les enfants auront à leur disposition, avec une nouvelle collection : folio cadet - premières lectures.

    folio cadet 1res lectures au loup.jpg

    Et ce qui me désole c'est que j'ai bien peur que peu à peu il ne nous reste plus que cette nouvelle version : expurgée, triste à mourir.

    Les enfants de maintenant n'ont plus droit à la richesse des mots, ceux que l'on aime répéter, ceux qui font rêver... serait-ils plus « sots » que les générations précédente ??? Ou veut-on les rendre plus sots ???????

    Je dois reconnaître que tous les textes n'ont pas subit ce terrible sort. La belle lisse poire du prince de motordu est intacte.

    Aurait on plus de respect pour Pef que pour les auteurs étrangers ??? Mais en étant honnête, je dois reconnaître que je n'ai pas pu vérifier tous les textes, certains étant manquants.

    Annie Falzini

  • L'origine du feu

    rouge gorge.jpgRouge gorge ou comment le feu vint au monde

    Pierre Delye, illustrations Martine Bourre

    Didier jeunesse, 11,90 €

     

     

    « Ca c'est passé au début du monde.

    Au commencement, il y avait des animaux.

    Des animaux qui étaient moches...

    Moches et surtout mal fichus !

    Sans plumes ni ailes, sans fourrure ni pelage

    sans crocs ni griffes, incapables de courir vite,

    de sauter haut, de bien nager ou de grimper

    aux arbres rapidement....ils sont nuls ! »

    Vous avez, je pense, deviné qui sont ces animaux nuls !...

    Heureusement, un petit oiseau qui les observe a pitié d'eux. Il va trouver le soleil et lui raconte le malheur des animaux moches et mal fichus. Alors le soleil a une idée...

    Et c'est depuis ce jour que les humains possèdent le feu et que cet oiseau s'appelle Rouge-Gorge, car c'est lui le courageux.

    Un conte magnifiquement soutenu par les illustrations lumineuses de Martine Bourre, qui a pour cet album, à nouveau utilisé, avec tout le talent qu'on lui connaît, les collages.

    Annie Falzini

  • En compagnie de Frédéric Clément

    Interview, séance de dédicaces, discussions et séance de poses pour les plus jeunes ! Une journée magique à l'Oiseau lire...
    Un grand merci à Frédéric Clément et à tous ceux qui sont venus partager ces beaux moments avec nous !
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    Les plus jeunes s'occupent...
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    Voici l'article de Béatrice Cherry-Pellat paru dans le journal La dépêche du vendredi 16 octobre :

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    A l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage «Bashô le fou de poésie» aux éditions Albin Michel, Frédéric Clément a été convié par les libraires de l'Oiseau Lire pour une séance de dédicaces.

    Matsuo Bashô n'aime ni les batailles, ni les sabres, ni l'uniforme, ni le sang. Il aime la paix, le silence, la lune, les pinceaux bien lissés... Matsuo Bashô ne sera pas samouraï. Il sera poète. C'est sur les pas de son disciple que le lecteur va découvrir la vie du grand auteur de courts poèmes, les haïkus. Ses voyages, ses rencontres et l'ouverture d'une école de poésie pour tous dans un Japon du XVIIème siècle.

    Un texte sur la vie du poète japonais Matsuo Bashô, raconté par Françoise Kérisel et mis en valeur par l'art de Frédéric Clément. Les papiers, les supports, les matériaux, les couleurs, l'omniprésence des végétaux, la finesse, l'élégance... rien n'est choisi au hasard pour transporter le lecteur au fil des quatre saisons de la vie du poète dans une ambiance japonisante.

    Une philosophie, un art de vie, un pays qui, s'il comporte encore de nombreux secrets pour Frédéric Clément, lui apparaît comme une évidence, «mon attrait pour le Japon ne s'explique pas, c'est comme le chocolat». Un goût qui «date de très longtemps» que l'on retrouve dans le raffinement de ses oeuvres. Au travers des images qui mettent en scène Les Belles Endormies de Kawabata mais également dans ses photographies (Bel oeil) et l'intimité de ses livres (Magasin zinzin, Museum, Les mille et une nuits...). Car quand on ouvre un livre de Frédéric Clément, on tire sur une ficelle, déplie des pans de couverture comme on ouvrirait un coffret qui contient des secrets.

    «Avant même que l'on entre dans mon livre, j'offre un climat, une ambiance. Je veux que le livre soit un bel objet». Et quand on ouvre ce bel objet, les mots sonnent, résonnent et les images sont à regarder dans les moindres détails, «la partie graphique offre de nombreuses allusions qui complètent la narration et l'allège». «Pour moi, ce n'est pas de la poésie, la forme n'est pas dite poétique. On ne pense pas à moi comme un poète d'ailleurs. Mais quand j'écris, je parle. Et c'est à force de mâcher et remâcher les mots pendant des heures que quelque chose sort. Quelque chose qui sonne, qui me convient».

    Si Frédéric Clément est souvent associé comme un auteur-illustrateur (graphiste ? il n'aime pas le terme illustrateur) pour la jeunesse, il s'en défend, «la frontière est très mince, quand je décide de basculer, je bascule mais je ne fais pas seulement des livres pour les enfants. Lorsque j'ai commencé dans l'édition, à la fin des années 70, je venais du monde de la presse. Et quand on veut mettre des images dans les livres, ce sont souvent des livres pour enfants...».

    Peu intéressé par les romans actuels «trop psychologiques» à son goût, Frédéric Clément trouve son inspiration dans des «textes qui partent en étoile» : «J'aime ouvrir des portes, me perdre, être à la dérive, en flottaison». Une notion de labyrinthe que les inconditionnels de Frédéric Clément pourront retrouver dans son prochain ouvrage qui traitera de «camelot /poète ou de poète/camelot», où l'enfermement de la surenchère sera de rigueur pour convaincre. «C'est tout mon opposé !»

    Béatrice Cherry-Pellat